Stéphane Forget, un douteux visionnaire

Le président-directeur général de la Fédération des chambres... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Le Nouvelliste

Stéphane Forget, le nouveau président-directeur général de la Fédération des Chambres de commerce du Québec, déclarait tout récemment être pour une exploration du sous-sol québécois en hydrocarbures afin de connaître son potentiel d'exploitation réel (Le Nouvelliste, 1er décembre 2016, page 16).

Parlant du pétrole, M. Forget a dit dans son allocution devant les membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières qu'il fallait poser un regard lucide sur celui-ci: «Nous en aurons encore besoin longtemps et nous devons exploiter le nôtre, si nous en avons le potentiel.»

Cette déclaration de M. Forget est un aveu d'acceptabilité du monstrueux projet de loi 106 et son leurre à une réelle transition énergétique du Québec. Pourquoi alors ne parler que des énergies fossiles? Une transition énergétique ne devrait-elle pas se soustraire de plus en plus des vieilles solutions d'autrefois qui ont prouvé à maintes reprises leur déficit écologique et économique? 

La prospérité du Québec ne passe pas par l'exploitation du pétrole. Non merci M. Forget; les dégâts écologiques de cette ressource énergétique polluante sont maintenant trop dispendieux pour être exploitée dans notre Québec qui a su développer bien d'autres ressources d'énergie. Nous, citoyens, nous refusons de payer ces dégâts pendant que les industriels se sauvent avec les profits. Ce temps est révolu.

L'imagination et l'innovation ne passent plus par le pétrole, mais bel et bien par une vraie transition énergétique vers le solaire, l'électricité, et toutes les nouvelles ressources qui demandent à être découvertes justement par l'innovation et l'imagination des Québécois qui en ont à revendre. Nous ne sommes plus au temps de la facilité, mais à l'effort à la non-pollution, ou du moins, à la restriction sérieuse de celle-ci.

La position de M. Forget est clairement en faveur d'une croissance immodérée des gaz à effet de serre, d'une accélération de la détérioration de nos milieux de vie, de notre dépendance aux énergies fossiles, et d'un frein à l'innovation des nouvelles sources d'énergie moins polluantes dont particulièrement le solaire et son électricité.

M. Forget est animé de cette bonne vieille recette d'une croissance permanente du PIB pour garantir la prospérité; une prospérité de plus en plus déficitaire par les courtes vues des industriels où la maximisation des profits est le seul objectif: rien pour la qualité de vie, rien pour les générations futures, rien pour la régénération des ressources ou la protection des milieux de vie et autres ressources, tout pour ici et maintenant, peu importe les coûts. 

Peut-on qualifier M. Forget de visionnaire? Si nous répondons oui à cette question il faut nécessairement convenir que M. Forget souffre d'un aveuglement sur les conséquences de ses projets par rapport à l'équilibre vital de la planète. N'a-t-il jamais entendu parler du Club de Rome ou de COP21?

L'histoire nous l'a maintenant bien enseigné; il faut apprendre des erreurs du passé comme celle de la flottaison des billes de bois sur le Saint-Maurice, le transport sur rail du pétrole vers Lac-Mégantic, la construction de centrales nucléaires trop près d'un cours d'eau vulnérable, etc. À l'avenir, plus rien ne sera facile; soyons bien avertis de cela.

François Champoux

Trois-Rivières

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