Le manque de jugement d'un ex-juge

Andréa Richard... (Francois Gervais)

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Andréa Richard

Francois Gervais

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de Serge Gagnon intitulée «La laïcité des autocrates», publiée dans notre édition du 23 novembre dernier.

Dans son texte publié le 23 novembre dernier, en insultant Andréa Richard, l'ex-juge Serge Gagnon vient lui-même faire preuve de la justesse du combat social que mène cette femme respectable. Tout comme Andréa Richard, Serge Gagnon appartient à cette génération dont le fondement de l'éducation reposait sur la religion. En matière de Droit, et sur bien d'autres sujets, l'ex-juge fait preuve de rigueur intellectuelle, mais cette dernière s'affaiblit lorsqu'il aborde ce qu'il qualifie de spiritualité. Il y a pourtant une distinction entre croyances et spiritualité. Si Andréa Richard a su s'extraire du conditionnement religieux qui brimait sa liberté de penser, bien des gens de sa génération n'ont jamais réussi à comprendre le joug aliénant de la religion.  

N'est-il pas prouvé hors de tout doute raisonnable que la Terre ne repose pas sur des piliers comme l'affirment encore certains passages de la Bible? Il ne fait aussi aucun doute que la Terre est d'une forme arrondie et qu'elle n'est pas le centre de l'univers. Lors du procès de Galilée, si Serge Gagnon avait été juge au tribunal de l'Inquisition, aurait-il condamné ce savant à être écorché vif s'il ne se rétractait pas pour sauver sa peau? Serge Gagnon cite pourtant le commandement de Dieu: «Tu ne tueras point». Les croyants utilisent souvent le pari de Pascal pour tenter de démontrer que l'on peut être un génie et croire en Dieu. Dans les faits, Pascal avait tout simplement trouvé, d'une brillante façon, une manière de se préserver de l'intransigeance religieuse de son époque.

Il est aussi prouvé hors de tout doute raisonnable que la Terre n'a pas été créée en six jours il y a moins de 10 000 ans. La compréhension de la génétique apporte aussi la preuve hors de tout doute raisonnable que l'évolution n'est pas une théorie, mais un fait. 

Le ministère de l'Éducation ne doit-il pas participer au développement de la dominance de la pensée rigoureuse? L'enseignement de la pensée magique a-t-il sa place?

Le fardeau de la preuve appartient à celui qui prétend l'existence de Dieu. Pour l'instant il n'y a même pas l'ombre d'une preuve probante. Le raisonnement des croyants, de toutes religions, ne repose que sur l'égocentrisme. Puisque le mystère de la vie et de l'Univers leur échappe, ils prétendent que cela prouve l'existence de Dieu. Sur une simple présomption narcissique, ils vont donc jusqu'à tuer (ou laisser mourir), et pour justifier leur barbarie ils donnent à leur Dieu une image, des lois, des mythes sacrés ou des commandements.

Je préfère vivre dans une société laïque que sous le dogme de la Charia ou bien le contrôle qu'exerçait l'Église dans la jeunesse de Serge Gagnon ou d'Andréa Richard. La démocratie est fragile, et il importe d'utiliser son intelligence, sa culture ou sa notoriété afin d'appuyer, dans leur noble lutte, des personnes engagées comme Andréa Richard ou Djemila Benhabib, plutôt que d'afficher à leur égard une certaine forme de haine, apanage des fous de Dieu.

Denis Frappier

Saint-Justin

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