Qui sont ces lutins?

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Grâce aux organismes communautaires, tout au long de l'année, des milliers d'enfants sont persuadés que tous les enfants du monde ont la même chance qu'eux.

La Presse

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Le Nouvelliste

Je me souviens très bien de cette journée où j'allais, avec ma mère, rencontrer ce personnage dont tous les enfants raffolent à l'approche du temps des Fêtes, le père Noël.

C'était une froide journée de décembre. Ma mère tenait ma main vêtue d'un petit gant magique rouge totalement dépareillé du reste de mon équipement pour braver le froid.

Ma mère, femme de ménage, monoparentale, s'assurait que la magie de Noël entre chaque année dans notre 4 et demi difficile à chauffer. Cette journée-là, le coeur joyeux, je traversais le stationnement du centre commercial persuadée que tous les enfants du monde avaient ma chance.

Avant d'entrer par la grande porte principale, des gens se tenaient là, groupés et heureux. Ils portaient des tuques pointues et branlaient des conserves.

Il y avait le traditionnel «Petit papa Noël» qui amusait mes oreilles. Je les ai regardés, convaincue que je venais de croiser de vrais lutins. Je devais mesurer 3 pommes et demie et avoir le sourire fendu jusqu'aux oreilles. J'étais persuadée que tous les enfants du monde avaient ma chance.

Cette journée-là, j'ai commandé une Barbie aux cheveux dorés. Le père Noël m'a demandé si j'avais été sage. J'avais été sage. Ma mère adressa un clin d'oeil complice au père Noël.

J'avais vraiment été sage. J'allais donc, probablement, obtenir ma Barbie aux cheveux dorés et peut-être même sa voiture, sa maison... J'étais persuadée que tous les enfants du monde avaient ma chance.

Au moment de quitter le centre commercial, ma mère s'est penchée pour bien attacher ma tuque sous mon menton. Elle a sorti de sa poche un billet de 1 $ et m'a demandé de le remettre aux lutins devant la porte. J'ai demandé pourquoi? Je me demandais sérieusement pourquoi les lutins avaient besoin de l'argent de ma mère. Elle m'a simplement dit: «Tu sais, les enfants de ton âge n'ont pas tous ta chance.» Je venais de comprendre que tous les enfants du monde n'avaient pas tous ma chance.

En remettant le billet de 1 $ au lutin, j'ai ressenti un grand confort, un bien-être difficile à expliquer. Cette journée-là, je me suis fait ma propre définition de ce que sont la solidarité et l'entraide. J'avais toujours ce sourire fendu jusqu'aux oreilles, mais il était teinté d'une autre couleur.

Aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'est devenu mon billet de 1 $ ni à qui il a été utile. Par contre, je sais qu'un organisme l'a offert à quelqu'un dans le besoin. Je sais que les porteurs de chapeau pointu sont bien plus que de simples lutins. Grâce aux organismes communautaires, tout au long de l'année, des milliers d'enfants sont persuadés que tous les enfants du monde ont la même chance qu'eux.

Caroline Chartier

Agente de projets

Centre Roland-Bertrand

Shawinigan

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