Projet de loi 106: une acceptabilité sociale impossible

Les auteurs sont des membres ou des sympathisants du Comité vigilance... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Les auteurs sont des membres ou des sympathisants du Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières.

Le recteur de l'UQTR a émis un communiqué de presse le 24 novembre souhaitant l'adoption imminente du projet de loi (PL 106) concernant la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030, devant mener à la création de Transition énergétique Québec (TÉQ).

La journaliste Brigitte Trahan l'a partiellement rapporté dans ce journal. Ainsi, le recteur veut faire suite à des dizaines d'heures d'étude et à plus de 22 séances en commission parlementaire de ce projet de loi, et qui ont pour effet, selon lui, de créer un retard et des pertes d'opportunités à l'Institut de recherche sur l'hydrogène et pour d'autres chercheurs de son établissement.

Que le recteur McMahon défende la recherche de son établissement, nous ne pouvons que l'applaudir. Mais, l'enjeu du PL 106 est plus vaste et comporte un chapitre spécifiquement intitulé «Loi sur les hydrocarbures», sur lequel les environnementalistes et plus d'une centaine de municipalités se sont prononcés le plus souvent contre dans sa forme actuelle, ou l'ont fortement critiquée.

Citons ici le Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec, RVHQ, qui estime que cet amalgame de sujets contradictoires - la transition énergétique d'une part (chapitre I) et le développement de la filière des hydrocarbures d'autre part (chapitre IV) - ne peut que créer une grande confusion et diluer le débat sur les éléments hautement controversés du projet de loi sur les hydrocarbures.

Le recteur McMahon a été maire de la Ville de Nicolet et préfet de la MRC de Nicolet-Yamaska. Il a aussi été un candidat libéral battu aux élections de 1998.

Alain Drouin, maire de Nicolet de 2005 à août dernier, et à titre de préfet, a publié un mémoire au BAPE en 2014, demandant de maintenir un moratoire indéfini sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, à moins qu'une loi vienne répondre et satisfaire aux questions qu'il a soulevées ainsi que tous les enjeux de la protection des eaux, pour lesquelles il n'y a aucune réponse sûre.

Rappelons au recteur qu'un titulaire d'une licence d'exploration, de production ou de stockage de pétrole ou gaz, a tous les pouvoirs de le faire au détriment des propriétaires terriens et du zonage, si le ministre lui délivre la licence appropriée.

Une autre conséquence prévisible est la grande probabilité de baisse de la valeur marchande des propriétés, surtout celles qui s'approvisionnent en eau à l'aide d'un puits et qui sont victimes d'un incessant va-et-vient de machineries lourdes.

L'UPA, en réponse à ce projet de Loi, demande dans son mémoire de soustraire entièrement la zone agricole permanente du développement des hydrocarbures. Parmi les membres du comité d'étude en Commission parlementaire, siège le député libéral de Saint-Maurice, M. Pierre Giguère, lequel est agriculteur-propriétaire.

Il va toujours dans le sens du ministre Arcand sur les amendements acceptés. Il est impensable, qu'à titre d'agriculteur, il accepte qu'une entreprise pétrolière s'invite chez lui pour soustraire du pétrole sous sa terre! Son frère, Jean-Marie, est président de l'UPA de la Mauricie, et il a une position qui relève du «gros bon sens» en étant contre le projet de l'oléoduc Énergie Est.

Le PL 106 ne peut se permettre le luxe d'être voté sous le bâillon le 9 décembre. Il est trop critiquable dans sa forme actuelle et ne fera jamais l'objet d'un consensus, car on nous dépossède de notre droit de jouissance de la propriété.

Mais le ministre Pierre Arcand tient à ce qu'il soit présenté comme un tout, et à faire porter l'odieux aux partis de l'opposition. Il est facile de comprendre la position des partisans de ce projet de loi, tels le recteur de l'UQTR, les chambres de commerce et les lobbys de l'industrie pétrolière.

C'est une partie de bras de fer inéquitable que devrait prendre en compte tout gouvernement responsable afin de protéger ses citoyens, car il n'y aura jamais d'acceptabilité sociale.

Jean-Pierre Beaudoin, Trois-Rivières

Christiane Bernier, Trois-Rivières

Jacques Brodeur, Québec

Jean-Paul Doucet, Nicolet

Denise Gendron, Sainte-Monique

André Froment, Trois-Rivières

Denis Gauthier, Trois-Rivières

Jean-Yves Proulx, Trois-Rivières

Mariette Gélinas, Trois-Rivières

Roger Guertin, Trois-Rivières

France Guimond, Trois-Rivières

Sébastien Houle, Saint-Élie-de-Caxton

Joyce Renaud, Trois-Rivières

Jérôme Thivierge, Deschambault-Grondines

François Veilleux, Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer