Un Vendredi fou qui porte bien son nom

«Vendredi noir», «vendredi exceptionnel», «vendredi en folie», «vendredi... (Associated Press)

Agrandir

«Vendredi noir», «vendredi exceptionnel», «vendredi en folie», «vendredi fou»... les soldes rivalisent de hauteur, atteignant de 50 à 65 %. Et on étire la sauce sur plusieurs jours, même en ligne avec le Cyberlundi.

Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

On dit que lorsque les États-Unis ont le rhume, le Canada éternue. Cette fois-ci, les Américains n'ont pas été vaccinés et les Canadiens ont attrapé le virus, c'est-à-dire celui du Vendredi fou.

Après les fêtes de la Thanksgiving qui font rentrer beaucoup d'argent, pourquoi pas le Vendredi fou, suivi du Cyber lundi. Chez nous, ce vendredi fait courir les foules depuis environ trois ans seulement sans la même intensité que chez nos voisins.

Apparemment, les personnes atteintes sont attirées par les produits électroniques en particulier et à les entendre, elles font de magnifiques aubaines et dépensent environ entre 200 $ et 250 $.

Aux nouvelles matinales télévisées, on pouvait observer une grande file attendant l'ouverture des portes des magasins vers 8 h. Lorsque cela fut fait, on croyait voir un troupeau de moutons dont on a ouvert les enclos pour aller paître dans les prés. Pas très gentil, je l'admets.

Les compagnies de marketing ont su toucher les cordes sensibles de certains acheteurs qui sont soit impulsifs ou bons calculateurs. Que sera la suite? Les lundis du chocolat, les mardis du caramel, les mercredis de la guimauve, les jeudis de la crème glacée, les samedis des hot dogs? C'est vrai que c'est un Vendredi fou! 

Si on regarde bien le calendrier, entre le 15 octobre et le 15 novembre, il y a un petit creux au niveau des achats et il fallait le combler. Tout le monde sait que le mois de décembre est un mois achalandé pour les achats de Noël. Vers le 2 janvier, on change les décorations dans les magasins pour annoncer la Saint-Valentin. Le 15 février apparaissent les lapins et les oeufs de Pâques. Le lundi de Pâques, on pense à faire plaisir à nos chères mamans en mai. Par la suite, il ne faut pas oublier nos chers papas en juin. En juillet, deux semaines après les examens scolaires de juin, on nous envoie des dépliants sur la rentrée. En août, en plus des décorations d'Halloween qui nous envahissent déjà, on voit aussi arriver les sapins et décorations de Noël ainsi que les manteaux d'hiver. En pleine chaleur! Quant aux maillots de bain, il faut les acheter durant l'hiver parce qu'au mois de juin, il n'en reste plus. On suit la foule, c'est de la pure folie.

En entrevue télévisée, un détaillant a osé dire que c'était à la demande des consommateurs si de telles choses comme le Vendredi fou existaient! On pousse un peu loin. Par contre, il a admis que l'exercice ne plaisait pas à tous les détaillants et qu'ils devaient suivre le courant.

Et dire que notre société de consommation extrême est censée rendre les gens heureux...

Jocelyne Bruneau

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer