Mais il y a les crèches de Noël!

Une crèche de Noël.... (Stéphane Lessard)

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Une crèche de Noël.

Stéphane Lessard

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Le Nouvelliste

Ces mois-ci, les signes religieux font beaucoup parler d'eux. Ils se retrouvent souvent dans les discours des élus et dans les médias, car on débat du projet de loi 62 favorisant le respect de la neutralité de l'État.

Quoi qu'il en soit de l'issue de ce projet, sous la pression de la sécularisation de la société québécoise, les signes religieux sortent les uns après les autres de l'espace public. À moins d'être des patrimoines religieux, ils immigrent vers l'espace privé ou disparaissent à jamais. Si la tendance se maintient, il n'y aura pas plus de signes religieux dans le paysage que d'hirondelles en hiver.

Mais il y a un signe religieux qui est à contre-courant. Il immigre de l'espace privé à l'espace public. Ce sont les crèches de Noël. Beaucoup d'entre elles sortent de l'intimité des foyers pour se dresser dehors, près de la rue. Dans la ville de Victoriaville et sa région, année après année, il y en a une centaine. Cette immigration a commencé pour célébrer l'arrivée de l'an 2000. Une initiative de la pastorale, qui s'appelle «Crèches en fête».

Ces crèches externes sont prophétiques. Avec d'autres signes, elles annoncent un retour du religieux dans l'espace public, mais sans l'envahir comme au temps de la chrétienté, sans s'y installer en maître.

Le religieux ne se trouvera donc plus au sommet d'édifices, comme la croix; ni au centre de places, comme la statue; ni surplombant les maisons du quartier, comme l'église.

Telles les crèches de Noël, le religieux sera à la hauteur d'un enfant, tout petit, mais beau. Ce sera là la pertinence du religieux, car «c'est la beauté qui sauvera le monde» (Dostoïevski).

Beau, dans l'irradiation simple d'une âme, tel le visage d'un enfant.

Le religieux qui vient est humble, il n'est donc pas menaçant pour les puissants. Comme le locataire d'une mangeoire, il est désarmé. 

Désarmé et beau, ce qui le rend désarmant. Il peut alors, sans violence, faire tomber les armes des mains de tout être humain, pourvu qu'il soit intelligent. À cette lumière, qu'on juge de l'intelligence de cette femme de Floride qui justifiait son vote pour Donald Trump en disant: «Je suis attachée à ma Bible [qui converge tout entière vers le Christ] et à mon fusil.»

Le religieux à nos portes aura la vertu du pape François: une humilité conquérante.

La société québécoise d'aujourd'hui chasse les signes religieux, mais il y a les crèches de Noël!

Gérard Marier

Victoriaville

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