L'UQTR est une université de premier ordre

L'annulation du projet de formation d'une équipe de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'annulation du projet de formation d'une équipe de football ne fait pas de l'UQTR une université de second ordre.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de Claude Trudel intitulée «L'UQTR est une université de second ordre», publiée dans notre édition du 28 novembre.

J'ai sursauté quand j'ai lu la lettre intitulée «L'UQTR est une université de seconde ordre». À quel propos, donc? Eh oui, le projet reporté et puis refusé d'implantation d'une équipe de football à l'UQTR. Lundi matin, Monsieur Trudel a souhaité convaincre ses concitoyens que nous vivons dans une société où le développement et le rayonnement d'une université dépend de ses programmes sportifs...

Au fond, une université, qu'elle ait des expertises reconnues internationalement en génie, en éducation, en chiropratique et en sciences humaines, requiert un programme sportif à la hauteur, capable de la mettre au niveau des autres universités québécoises et canadiennes.

L'auteur, avec un ton fielleux au possible, nous partage son mécontentement de la gestion du recteur McMahon (un «sans vision») et de l'ensemble de la communauté universitaire, spécifiquement le Syndicat des professeurs «qui seraient ''peut-être'' les véritables gestionnaires de cette petite université». Quelle piètre et étroite hypothèse! Pourriez-vous concevoir qu'une université n'est pas un lieu de mimétisme et de conformisme économique?

«Avoir une vision» n'est pas seulement reproduire les modèles qui existent ailleurs; c'est en concevoir de nouveaux. L'UQTR aurait perdu 60 étudiants? Il faut peu fréquenter le campus pour s'en indigner. Si tel était le cas, vous constateriez que ce sont en grande partie les étudiants internationaux qui font vivre le campus en payant des frais astronomiques comparativement aux Québécois. 

«Avoir une vision», c'est proposer d'allier les objectifs des divers départements aux services à la communauté comme le font les projets d'intervention dans la communauté (PICOM); c'est participer au financement de la Galerie R3 qui accueille chaque année des artistes nationaux et internationaux. Des projets aussi stimulants pour la vie étudiante, pour la recherche et pour la communauté, il s'en compte de nombreux autres à l'UQTR. 

Et l'on ose écrire qu'il s'agit d'une université de second ordre parce qu'elle refuse l'implantation d'un programme de football? Cela me semble énorme tant je suis convaincu que monsieur Trudel n'est pas le seul à entretenir une conception aussi réductrice de l'Université. Ultimement, cette logique se résume dans l'adage: «À cheval donné, on ne regarde pas la bride».

Sommes-nous contraints d'accepter quelque chose parce qu'il est gratuit? Présomptueusement, il interpelle le recteur en écrivant: «Bien oui, monsieur McMahon, on vous donne un complexe d'environ trois millions de dollars. On vous demande juste de l'entretenir...» Et à combien s'élèveraient ces coûts d'entretien? Les lecteurs aimeraient certainement avoir la réponse.

J'irai d'une hypothèse: une cohorte de 60 nouveaux étudiants n'engrangerait pas des profits supplémentaires permettant d'égaler les coûts d'entretien lié à un complexe sportif de haute performance, par exemple, et n'apporterait rien financièrement à l'UQTR.

Les subventions gouvernementales d'environ 10 000 $ par étudiant ne servent-elles pas plutôt à assurer des services adéquats aux étudiants, de la propreté des locaux à l'embauche de personnel qualifié?

Écrire aujourd'hui qu'il s'agit d'une université de second ordre, c'est confirmer à l'avance, que les 60 recrues quitteraient tôt ou tard pour aller ailleurs. On les convaincrait de venir jouer à Trois-Rivières «en attendant» et d'emblée, ils seraient persuadés qu'il s'agit d'une «petite» université «moribonde». Monsieur Trudel, vous ne faites pas honneur au noble projet que vous défendez en épanchant votre mécontentement à tous vents.

Quand le projet a été diffusé dans les médias, j'aurais aimé être happé par l'engouement des étudiants et de la communauté universitaire pour un retour du football à l'UQTR. Et pourtant, l'enthousiasme ne semblait pas au rendez-vous et cela, les investisseurs ne doivent pas le prendre comme un affront personnel. Dans le contexte juridique et financier actuel, l'administration de l'université s'est gardé une «petite gêne» tout en maintenant le cap vers d'autres priorités. C'est tout à son honneur.

En somme, une université devient une université de second ordre quand une poignée de gens pense que l'institution leur est redevable, qu'elle doit se plier à leurs offres, à leurs demandes et à leurs idées pour des questions monétaires.

Si des investisseurs pleins de bonne volonté souhaitent aujourd'hui contribuer au rayonnement et au développement de l'université, ils devraient sans hésiter donner à la Fondation de l'UQTR comme plusieurs investisseurs le font chaque année.

Cet organisme s'occupe de redistribuer adéquatement et intelligemment l'ensemble des dons privés et publics aux étudiants issus de divers programmes, notamment les bourses sportives qui soutiennent les étudiants qui oeuvrent au sein des équipes des Patriotes déjà en place.

Louis-Serge Gill

Doctorant en lettres

Université du Québec à Trois-Rivières

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