Ma perception de l'aide sociale

En réponse à la lettre de Jean-Guy Boucher intitulée «Il y a du bon dans le... (Photo archives La Presse)

Agrandir

Photo archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

En réponse à la lettre de Jean-Guy Boucher intitulée «Il y a du bon dans le projet de loi 70», publiée dans notre édition du 16 novembre dernier.

En réponse à la lettre de Jean-Guy Boucher intitulée «Il y a du bon dans le projet de loi 70», publiée dans notre édition du 16 novembre dernier.

Je me permets de répondre à votre lettre dans laquelle vous sembliez offusqué de la position d'une personne qui s'opposait au projet de loi 70, car elle voyait que ça risquait de brimer les droits des personnes à l'aide sociale. Je me permets de vous partager ma vision de la situation de l'aide sociale.

D'abord, il existe bien des mythes par rapport aux fraudeurs. Il se peut que Monsieur et Madame Tout-le-monde pensent que le prestataire d'aide sociale et le chômeur sont les pires fraudeurs qui existent. C'est facile de juger quand on ne sait pas ou quand on ne connaît pas. C'est facile de penser que le prestataire de l'aide sociale coûte trop cher à l'État et que ses chèques devraient être coupés ou tout simplement abolis.

Monsieur et Madame Tout-le-monde croient peut-être que toutes les personnes à l'aide sociale travaillent «au noir» et profitent du système. C'est facile de croire que l'on vit bien à l'aide sociale et de penser que les pauvres ne veulent pas travailler. Mais il en est tout autre. Laissez-moi vous démontrer le contraire en vous faisant part des chiffres publiés par A.T.D. Quart Monde:

- couper dans l'aide sociale ne diminue pas le nombre de prestataires. En 10 ans, les personnes seules à l'aide sociale se sont appauvries;

- les deux tiers des ménages québécois qui reçoivent de l'aide sociale souffrent d'insécurité alimentaire malgré les programmes d'aide alimentaire;

- sur 10 personnes en situation de pauvreté, 4 travaillent, 5 ne sont pas en situation de travailler (retraite, handicap, maladie), 1 est exclue par le marché du travail (discrimination, manque d'emploi);

- les besoins de base calculés par Statistique Canada pour une personne seule (logement, nourriture, vêtements et autres - téléphone, assurances, médicaments), sont de 1437 $ par mois. La moyenne versée par l'aide sociale est de 704 $ par mois.

Par expérience personnelle, je vous confirme que beaucoup de personnes sont à l'aide sociale, car elles ont perdu un travail ou sont exclues du marché du travail, comme le mentionne une des statistiques précédentes.

Trop souvent, malheureusement, on voit des gens qui ne font pas de démarches pour tenter de retourner au marché du travail, car elles ont essayé à maintes reprises de se trouver un boulot, mais sans réussir à se faire engager par un employeur. Trop souvent aussi on voit des personnes à l'aide sociale qui ont l'air d'être en parfaite santé, mais qui, en fait, ont des difficultés (ex.: problème de santé mentale, trouble relié à une séparation, dépression, etc.) qui les empêchent de se réaliser dans la vie, comme par un emploi.

D'autre part, il est possible que vous croyiez que beaucoup de personnes à l'aide sociale fraudent. Sachez que, sans vouloir minimiser le geste de la fraude, ni le montant de chacune de celles-ci et ce, même si je ne l'encourage pas non plus, les fraudes ne représentent que 2,2 % du budget de l'aide sociale (soit 0,069 milliards $ par an).

Si on place cela en comparaison avec l'évitement fiscal et l'évasion fiscale, ceux-ci représentent un montant nettement plus significatif: une somme 50 fois plus élevée que la fraude à l'aide sociale, selon A.T.D. Quart Monde.

Enfin, je ne dis pas que vous le faites par votre lecture de la situation à l'aide sociale, mais il y a un danger à généraliser des situations. Il est, en effet, très rare que toutes les personnes dans une même situation vivent les choses de la même façon... sauf peut-être en ce qui concerne le fait que les personnes à l'aide sociale ne peuvent combler leurs besoins essentiels. Là, monsieur Boucher, si tel était le cas, je serais tout à fait de votre avis.

Claude Béland

Notre-Dame-du-Mont-Carmel

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer