L'UQTR est une université de second ordre

Dire non au retour d'un programme de football... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Dire non au retour d'un programme de football à l'UQTR, c'est priver l'institution et la ville d'une visibilité, d'une notoriété et de retombées économiques intéressantes.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

À l'automne 2015, interrogé par un journaliste, M. Daniel McMahon a déclaré: «Je demeure profondément convaincu que l'UQTR est une grande institution, qu'il est important de ranimer la fierté et le sentiment d'appartenance de l'Université. Qu'on parle de l'Université pour les bonnes choses, c'est-à-dire pour [...] l'implication de l'Université dans sa collectivité.»

Du même souffle il a ajouté: «Pour moi, le sport est fondamental. Est-ce que ça prend du football à l'UQTR? Si l'on me sert un club de football totalement autofinancé, tu peux être sûr que je vais embarquer à pieds joints parce que c'est un outil de promotion qui est intéressant pour l'Université.»

Voilà comment un voeu pieux de la part du recteur s'est transformé avec le temps en un mensonge éhonté. Parce que, contrairement à ce qu'il essaie de faire croire à la population, le programme de football était pratiquement, sinon totalement, à coût nul pour l'UQTR.

Malheureusement, cet homme, sans vision, a fait perdre du temps et de l'argent à plusieurs leaders et hommes d'affaires sérieux de notre communauté trifluvienne. Des gens prêts à mettre du temps et surtout beaucoup d'argent dans une superbe aventure porteuse qui était, selon moi, vouée au succès.

Le pire dans tout cela, monsieur le recteur, c'est que vous avez eu le culot, cet automne, à la Chambre de commerce du Coeur-du-Québec, de mentionner ceci: «Comme le financement universitaire est en fonction du nombre d'étudiants, l'item primordial demeure la clientèle étudiante.» Sérieusement? 

Le projet football aurait amené au départ au moins 60 nouveaux étudiants à l'UQTR. On parle d'au moins 600 000 $ de subventions gouvernementales de plus dans les poches de votre institution moribonde! 

Et vous en rajoutez: «Ce sont vos idées, vos projets, vos ambitions auxquels nous pouvons contribuer afin de les rendre possibles.» Ah oui?

Rejeter du revers de la main le premier grand projet, depuis plusieurs années, soumis à l'UQTR par des hommes d'affaires très sérieux de la Mauricie et d'anciens étudiants, leaders en affaires à la grandeur du Québec, nous montre, une autre fois, à quel point cette université est mal gérée. 

Mais à quel point peut-elle l'être? Je vais avancer une hypothèse, elle l'est «peut-être» à la hauteur du Syndicat des professeurs de l'UQTR, qui seraient «peut-être» les véritables gestionnaires de cette petite université.

Avant la nomination du recteur, un professeur avait mentionné ceci au Nouvelliste: «Il [Daniel McMahon] parlait beaucoup de l'équipe de football, ce qui déplaisait à plusieurs professeurs. On a d'autres dossiers qu'on aimerait voir priorisés que ce genre d'activités sportives.» Voilà, les «véritables patrons» avaient parlé. 

On a perdu quoi au juste avec cette décision? Seulement une équipe de football?

La réponse à cela est non.

On est passé à côté d'un centre de haute performance de l'élite sportive et d'installations en physiothérapie et médecine sportive de haut niveau. Tout cela à coût nul pour l'UQTR. Le Cégep a aussi perdu une transformation de son stade. 

Je risque une réponse du recteur à cela: «Oui, mais il va falloir payer pour l'entretien de ce centre.» 

Bien oui monsieur McMahon, on vous donne un complexe d'environ 3 millions de dollars. On vous demande juste de l'entretenir...

On a aussi perdu 60 nouveaux étudiants et citoyens qui seraient déménagés à Trois-Rivières, qui auraient loué des appartements, magasiner, fait leur épicerie, acheté de l'essence, etc.

Ces jeunes auraient eu des amis et de la famille qui seraient venus les voir jouer. Ils auraient mangé dans les restaurants et loué des chambres d'hôtel. Mais ce n'est pas important pour vous monsieur McMahon, parce que cet argent n'irait pas dans les poches de l'UQTR. 

Je pourrais continuer comme cela très longtemps. Je pourrais parler du budget de fonctionnement incluant les coûts indirects (comme ceux imposés aux promoteurs du football) de l'équipe de hockey qui s'approchent du demi-million de dollars et qui profitent à une vingtaine d'étudiants, de l'absence d'une équipe féminine de basketball, des demandes farfelues faites aux porteurs du dossier football, des coûts inventés de toutes pièces de votre part pour justifier votre refus de porter ce dossier. Mais je n'aurais pas assez des pages de notre journal pour m'exprimer.

Le pire dans toute cette saga, c'est que vous avez laissé pointer une lueur d'espoir à des gens d'affaires qui ont maintenant d'autres chats à fouetter que de se mettre à genoux devant vous et votre cour. 

Parce que voyez-vous monsieur McMahon, l'UQTR avait plus besoin de ces gens, qu'eux n'ont besoin de vous.

Claude Trudel

Patriotes Football 1977

Trois-Rivières

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