Nous ne sommes pas des «autocrates»

Andréa Richard... (Andréanne Lemire, Le Nouvelliste)

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Andréa Richard

Andréanne Lemire, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

En réponse à la lettre de Serge Gagnon intitulée «La laïcité des autocrates», publiée dans notre édition du 23 novembre dernier.

Je suis surprise que notre journal Le Nouvelliste publie une telle lettre de M. Serge Gagnon, lettre calomnieuse et c'est à se demander si ce n'est pas plutôt lui qui éprouverait de la haine, alors qu'il nous l'impute? 

Comme écrivaine bien connue, je me dois de rectifier le tir! Je ne suis pas athée; et si je l'étais je voudrais être respectée. Monsieur, non seulement je n'extirpe pas, comme vous le dites, la spiritualité; je l'enseigne. Frustrée et révoltée, dites-vous? Mais monsieur, au contraire je suis très contente de mon passé et de mon évolution, et de ce que, aujourd'hui, je vis comme femme mariée depuis vingt ans et femme engagée pour le bien de la société. 

Dans mes interventions pour informer, sensibiliser et faire appel pour un mieux concernant nos enfants et les jeunes, M. Gagnon, contrairement à ce que vous dites, je ne suis pas «enragée» mais dévouée et en paix pour une cause justifiée.

Enlever les religions dans les écoles, pourquoi? Avez-vous pris connaissance des contenus qu'il y a dans les manuels scolaires? Je vous en donne que deux exemples. Dans un manuel, une fillette berbère âgée d'environ sept ans porte le voile et est parée de bijoux parce que c'est son mariage.

Cela est écrit comme tout à fait normal qu'une jeune enfant se marie très tôt, bien avant sa puberté. Le mariage de jeunes enfants est «banalisé», peut-on lire, comme si ce serait acceptable dans certains pays parce qu'on le fait avec la bénédiction de religions. 

Pas de remises en question concernant le mariage de cette fillette et pas de mises en garde face à des pratiques dégradantes et abusives pour les femmes. Un des devoirs demandés à l'élève est de lire des extraits du Coran et de la Bible et de visiter un prêtre ou un imam. Ne serait-ce pas aussi une forme de «propagande» où l'élève risque d'être endoctriné? 

C'est ainsi que dans les années 1940, on recrutait les vocations. Et aujourd'hui cela pourrait se répéter par des chefs religieux, que ce soit catholique, musulman, témoins de Jéhovah, armée du Salut ou autres... Nous voulons simplement protéger nos enfants.

Dans ce cours donné à nos élèves il y a beaucoup de dérapages reconnus et par des enseignants, des parents et des élèves. Des experts du Québec, dans le tout récent livre La face cachée du cours Éthique et Culture religieuse, constatent un profond décalage socioreligieux. De nombreux stéréotypes sont présents dans les manuels scolaires pour enfants. Nous savons, pourtant, que pour l'enfant, l'image vaut mille mots! 

C'est pourquoi une pétition a été mise en ligne par Jean-François Lisée, à l'Assemblée nationale et jusqu'à maintenant, elle a été signée par plus de 4500 personnes. Peut-être voudrez-vous la signer vous-même, en prenant connaissance des contenus des manuels scolaires? Nous n'avons plus que jusqu'au 30 novembre pour aller signer cette pétition sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.

Plutôt que de chercher des solutions dans les religions, l'école pourrait tellement offrir mieux à ces élèves. Par exemple, des cours de civisme, d'éducation sexuelle, de spiritualité, et de philosophie pour enfants et adolescents qui éduqueraient au questionnement, au sens critique et à la sagesse, comme cela se fait déjà en France. Ce serait plus approprié et utile pour l'avenir de nos jeunes.

Les religions viennent et vivent toutes de l'endoctrinement. De l'endoctrinement qui, pour certaines personnes, conduiront à l'extrémisme et la radicalisation que tous s'entendent aujourd'hui qu'il faut éradiquer. Laissons les enfants s'épanouir sans le moindre risque d'endoctrinement. Il n'appartient pas à l'école de convertir, même involontairement, des enfants et des adolescents. S'ils veulent une religion, il sera toujours temps lorsqu'ils auront l'âge adulte. 

Que ce soit moi, Djemila Benhabib, ou Ghyslain Parent que vous attaquez aussi, c'est ne pas nous connaître que de nous donner le titre d'«autocrates»!

Andréa Richard

Trois-Rivières

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