La laïcité des autocrates

J'ai lu distraitement les théories agressives du professeur tutélaire Ghislain... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

J'ai lu distraitement les théories agressives du professeur tutélaire Ghislain Parent et de deux de ses admiratrices Djemila Benhabib et Andréa Richard.

Ce trio semble à ce point enragé que chacun trempe probablement sa plume dans la bave de crapaud à laquelle on a ajouté un peu de venin de serpent. Ces personnes ne croient ni à Dieu ni à diable et c'est leur affaire.

Je respecte leur non-croyance mais ce que je connais de leurs dogmes participe d'un intégrisme laïque outrancier dont le ton et la substance pourraient être avantageusement adoucis.

Vous ne réussirez pas à extirper la spiritualité de l'être humain non plus que la croyance en l'existence d'un être suprême car elles font partie de notre patrimoine culturel et peut-être génétique. Lénine, Marx, Staline et les autres ont essayé en vain. Vous savez, l'Homme est un roseau pensant (Pascal).

Le professeur Parent prétend que l'école n'est pas un lieu pour enseigner la religion. Je ne suis pas d'accord. Il écrit à tort que la famille remplacera l'école mais l'institution familiale est en état de décomposition avancée.

Contrairement à ce que vous prétendez, un enfant de 7 ou 8 ans a l'âge de raison et il peut fort bien distinguer le bien du mal sans qu'il soit besoin de comprendre «toutes les subtilités des religions et des dogmes».

Je crois que c'est à l'école qu'on doit enseigner la religion sous forme de morale mais d'une façon neutre. L'école est le lieu privilégié pour enseigner ce qui est bien et dénoncer ce qui est mal car le bien et le mal sont les principaux ingrédients moraux de la vie. On peut peut-être avoir une petite pensée pour ce qui est bien et prendre conscience de ce qui est mal, religions ou pas.

Puisque nous parlons des ingrédients moraux, avez-vous lu les 10 commandements? Sont-ils vraiment de Dieu, de Moïse ou d'un autre, je n'en sais rien. Ce que je sais en revanche c'est qu'ils sont la pierre angulaire des civilisations ou ils devraient l'être. «Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne commettras pas l'adultère, tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain, tu honoreras tes père et mère etc...». 

Si à l'école on avait enseigné le bien et dénoncé le mal, des ados d'ici n'auraient peut-être pas tué plusieurs membres d'une même famille pendant qu'ailleurs on mettait à jour un complot pour en tuer d'autres. Vous voulez peut-être une société sans foi ni loi mais si on n'enseigne pas le bien à l'école c'est le mal qui prendra la place.

Mais pour enseigner le bien, il nous faudra des modèles. Jésus, Mahomet, Bouddha, Calvin, Mandela, Luther King etc... Il faudra toutefois éviter les gourous diplômés. Et disons le franchement, il faudrait passer un peu plus de temps avec Jésus car il nous est plus familier.

D'ailleurs, si Jésus revenait, il ferait sans aucun doute un sacré ménage dans l'Église catholique qui a maille à partir avec un matérialisme somptuaire. 

En ce sens, Djemila Benhabib a raison lorsqu'elle dénonce les abus variés des religions mais toutes les institutions humaines sont malades de quelque chose. Et j'ajoute que sa conception de la laïcité n'est qu'une tentative de plagier les Français.

Finalement, Andréa Richard doit être dans une classe à part. Elle est une ancienne religieuse qui a eu une aventure sentimentale avec un évêque. Il y a eu rupture et madame Richard en est sortie blessée, révoltée et frustrée. Avec raison. À la suite de cette rupture, elle jette toutes les religions par-dessus bord. 

Je veux bien que ce soit l'expression de sa fureur et de sa frustration mais si son compagnon avait été le boulanger ou le laitier, en toute logique elle ne mangerait plus de pain ou ne boirait plus de lait.

Je crois qu'en matière de tolérance, il faut lire Voltaire correctement même s'il n'est pas populaire chez les membres du clergé. Son traité sur la tolérance est plein d'enseignements qui nous seraient encore utiles aujourd'hui.

Évidemment, il n'a pas raison sur tout mais c'est un homme exceptionnellement intelligent. C'est lui qui disait que l'univers fonctionne comme une horloge et qu'en conséquence, il devait bien exister un horloger quelque part.

En résumé, ces trois personnages nous disent ceci: vous devez penser ce que nous pensons et croire ce que nous croyons à défaut de quoi vous ferez partie du régiment des imbéciles.

Serge Gagnon

Louiseville

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer