L'UQTR et son «code des tics»...

Bien au-delà de l'adoption d'un code d'éthique, c'est... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Bien au-delà de l'adoption d'un code d'éthique, c'est une culture de l'éthique qui doit être mise en place à l'UQTR.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Le porte-parole de l'Intersyndicale (regroupement des Syndicats de l'Université du Québec à Trois-Rivières), Ismaïl Biskri, a raison d'estimer que ce n'est pas le moment de parler de l'implantation d'un code d'éthique à l'UQTR.

Pendant que Madame la ministre de l'Enseignement supérieur, les doigts dans le nez, déguste son mucus nasal à l'Assemblée nationale, alors que Monsieur le recteur jongle avec les ennuis financiers, pendant que la présidente du conseil d'administration de l'Université (qui devrait donner sa langue au chat pour avoir, elle et d'autres membres toujours en place au CA, été critiquée dans le rapport de la Vérificatrice générale du Québec), témoigne dans l'«Affaire Fournier (lui n'étant pas critiqué dans le rapport de la VGQ!)»; l'Université, elle, élabore un code d'éthique visant à juger le comportement de ses employés. La «pyrrhotite cérébrale» semble oxyder la réflexion de certains cerveaux!

Nous reconnaissons l'intérêt pour l'Université de se munir d'un code d'éthique; une politique de dénonciation d'actes répréhensibles qui instaure des recours à l'interne pour les employés désirant dénoncer de tels actes. Cette politique aurait pour effet de prévenir les dénonciations publiques pouvant occasionner une atteinte à la réputation de l'Université et toutes les conséquences négatives qui en découleraient.

Bien que la Charte des droits et libertés de la personne reconnaît à toute personne la liberté d'expression, le contrat de travail, lui, prévoit que cette liberté est assujettie à l'obligation de loyauté de l'employé envers l'Université. 

De cette obligation, prévue au Code civil du Québec, selon laquelle l'employé doit agir avec prudence et diligence et s'abstenir de nuire à son employeur, l'Université semble appliquer une éthique à géométrie variable selon les niveaux hiérarchiques des employés envers qui elle impose une réprimande.

L'Intersyndicale et tous les employés de l'Université sont donc en droit de redouter, non seulement l'implantation d'un tel code mais son application et davantage la subjectivité des responsables de l'application de ce code.

L'expression «code d'éthique à l'UQTR», d'après nos récentes expériences personnelles, semble actuellement un pléonasme confondu avec la locution: «code des tics à l'UQTR». L'un de ces tics étant de référer le traitement des cas d'éthique aux avocats de l'Université! En effet, de quel service et de qui, dans ce service, relèvera l'interprétation du code d'éthique?

Comme l'éthique vise les employés, nous pouvons présumer que ce sera le Service de la gestion des ressources humaines qui gérera l'application du code d'éthique institutionnelle. 

Or, les directeurs, de ce service et des relations de travail, détiennent tous les deux le titre d'avocat. Par expérience, nous savons que les notions de légalité et de moralité s'opposent souvent dans les cas d'éthique. La loi prenant toute la place, les juristes ont systématiquement gain de cause sur la morale des éthiciens et le moral des employés. Le problème, il est là!

Le pouvoir étant comme l'alcool, il y en a qui ne supportent pas cela: verrait-on un policier imposer une amende à tous les conducteurs fautifs qui ont brûlé le feu rouge lors du déplacement d'un cortège funèbre?

L'éthique doit donc être plus qu'une affaire de légalité. 

Les gestionnaires se bornant à nous répéter qu'ils répondent aux ordres, qu'ils s'acquittent simplement de leurs tâches, qu'ils exécutent un mandat, qu'ils n'y sont pour rien dans l'application rigoureuse d'une convention ou d'un règlement et qui sont sans considération pour toute dignité humaine, lors d'une prise de décision, ne font ici que résonner telle une cloche. Nous dénonçons donc ce «juridisme outrancier» qui exclue les considérations morales et humaines du processus de gestion. 

Nous mettrions à la porte ces fonctionnaires qui appliquent à la lettre le règlement, qui ne jugent que par leurs lunettes juridiques, qui font dire aux conventions collectives ce qu'ils veulent. Nous retournerions chez eux ces idiots du village qui réduisent leur jugement à la seule interprétation qu'en donnent les tribunaux.

Les dirigeants sont prompts à exercer leur censure; certains menacent de poursuivre un employé dont le seul tort aura été de critiquer leur administration. Dans ce contexte des lois, des jurisprudences, etc., nous sommes favorables à l'émergence d'une culture éthique à l'Université... qui remplacera, souhaitons-le, le «code des tics» actuel!

Jean Paquette

Ex-coordonnateur STI-UQTR

Trois-Rivières

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