Abuseurs de personnes âgées à Saint-Narcisse

S'occuper des personnes âgées est bien plus qu'un... (La Presse)

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S'occuper des personnes âgées est bien plus qu'un simple forfait.

La Presse

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre d'Anne-Sylvie Duquette intitulée «Abus financier dans les résidences privées pour aînés», publiée dans notre édition du 17 novembre dernier.

Tous les soirs, nous dormons dans notre résidence privée pour aînés, depuis 14 ans avec 23 personnes à nos côtés. Nous sommes des «exploiteurs» de la vieillesse.

À la Villa Saint-Narcisse.

Nous expérimentons «les vieux» que nous serons. Tous un jour. 

Quand la cloche d'urgence résonne en pleine nuit! 

À notre maison. Reliée à la résidence.

C'est nous «les préposés proprios» qui nous levons!

C'est nous qui les aimons dans toutes sortes de circonstances. 

La nuit. 

Nos vieux amis peuvent toujours compter sur nous.

Et le jour. 

Cinq de nos irremplaçables et uniques employés, à tour de rôle, cuisinent, font la lessive, le ménage et se partagent le service aux tables.

Ils écoutent. Rendent service aussi. Aiment.

Malgré tout...

Quand nous lisons la lettre de madame Duquette dans le quotidien Le Nouvelliste du mercredi 17 novembre 2016 dans laquelle on peut lire que des propriétaires comme nous, des petites résidences privées, ne déduisent pas la portion des services lorsqu'un résident est hospitalisé. 

Nous devons comprendre que nous sommes des abuseurs. 

Que nous sommes rien que des profiteurs.

Que nous sommes d'habiles arnaqueurs qui font de l'argent sur le dos «des vieux»! 

Nous citons madame: «Il faut s'attendre à ce que les dirigeants crient et refusent la responsabilité de faire un simple calcul. Pourtant lorsqu'on héberge une cinquantaine de personnes, ce ne peut être si compliqué. Les dirigeants devraient avoir une base en comptabilité afin de rembourser nos personnes âgées équitablement. Il faut absolument que cet abus financier cesse rapidement. Il devient urgent de faire pression auprès de nos députés et ministres afin qu'une loi soit adoptée en ce sens.»

Parlons-en du simple calcul.

Madame additionne le mépris dans chaque paragraphe de son article.

Elle multiplie sans gêne les préjugés financiers. Sans nuance aucune.

Et même si cette histoire ne s'est pas passée chez nous, elle nous concerne. Elle vise encore les propriétaires des petites résidences.

Tous dans le même bateau! Les abuseurs financiers. Les profiteurs. Les voleurs.

Ce que cette femme dénonce au sujet de la pension de sa mère, est une règle générale que nous appliquons chez nous. Comme partout.

Une règle tout à fait légitime pour équilibrer le budget d'une petite résidence.

Cette règle, elle est d'autant plus normale dans une petite résidence de 23 personnes comme la nôtre dont le budget n'est pas comparable aux grands établissements.

Désolé, madame la calculatrice de base!

Si madame savait comment sa leçon comptable est souffrante en réalité.

Qu'est-ce qu'elle connaît dans la rentabilité des petites résidences?

Rien. Croyez-nous. 

Sa grande leçon comptable pourrait mettre en péril des petites résidences comme la nôtre.

S'occuper des personnes âgées est bien plus qu'un simple forfait. 

Nous ne connaissons pas toute l'histoire entourant le bail de madame et les relations que sa fille a entretenues avec la direction de la résidence. Mais...

Nous en avons plein le dos de nous faire traiter comme des voleurs!

Madame crie à l'injustice! 

Elle crie à l'argent. Au vol! Aux députés. Aux ministres!

Mais oui madame. Nous ne sommes pas une OSBL. 

Nous sommes des petites entreprises.

Nous avons des hypothèques. Et quand un vieil ami de notre maison s'en va temporairement à l'hôpital pour des raisons de santé, nous ne coupons pas les heures à nos cuisinières ou à nos employés à l'entretien. Nous poursuivons nos opérations. 

Et nous espérons que nos vieux amis reviennent à la maison.  

Bref.

Cette lettre sans nuance met en doute nos réputations.

Dans la majorité des résidences privées au Québec, les gens âgées sont très bien traités.  

Bien sûr. Il faut demeurer vigilant et dénoncer les crottés qui abusent de nos ainés.

Et qui nous font souvent mal paraître aux nouvelles.

Toutes sortes de gens peuvent abuser des personnes âgées. 

La dénonciation comptable de madame Duquette souffre d'enflure sévère.

Quand nous avons lu cette lettre, ce matin-là, c'est comme une gifle en pleine figure que nous avons reçue!

Il faut dire que «l'abuseuse» s'était levée une autre nuit pour calmer l'angoisse d'une bonne «petite vieille»

Que voulez-vous, dans notre forfait.

On ne calcule pas le temps que nous donnons à nos vieux amis...

Même la nuit.

Claire Bédard

Daniel Brouillette

La Villa Saint-Narcisse

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