Pourtant...

Donald Trump... (PHOTO CARLO ALLEGRI, ARCHIVES REUTERS)

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Donald Trump

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Le Nouvelliste

Quelle surprise au Québec au lendemain de l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. «On ne l'avait pas vu venir», «C'est à l'encontre de tous les sondages», «Jamais on aurait pu prédire cette victoire»... Voilà ce qu'on entendait ou lisait dans tous les médias du Québec.

Pourtant...

Je suis aux États-Unis six mois par année, pas en tant que touriste ou «snowbird», mais comme travailleur. Je travaille dans plusieurs États, de la côte Est à la côte Ouest. Curieusement, depuis plusieurs mois, je prédisais une victoire de Donald Trump. Mes amis me traitaient de tous les noms en me disant que je rêvais en couleur. J'étais presque devenu fou. 

Pourtant...

Nos médias «traditionnels» québécois (journaux, radio, télévision), nous faisaient croire que M. Trump ne pourrait jamais prendre le pouvoir. Vous y pensez? Un misogyne, raciste, imbu de lui-même, sans classe, qui se croit au-dessus de tout. Jamais cet homme ne gagnerait l'investiture républicaine. Il l'a gagnée. 

Peu importe, jamais il ne parviendrait à battre Hillary Clinton pour la présidence, une femme qui représentait tout le contraire de cet homme. On aurait donc pour la première fois de l'histoire une femme à la présidence américaine. Une suite logique pour nos bien-pensants, après l'homme de couleur, une femme; quel scénario digne de Hollywood!

Pourtant...

La majorité des personnes, de toutes classes sociales, à qui je parlais lors de mes séjours, du simple travailleur à l'universitaire, me disaient qu'ils voteraient pour Donald Trump. Pourquoi? Simplement parce qu'Hillary Clinton représentait tout ce qu'ils détestent de la politique: le pouvoir des banquiers et de Wall Street, la langue de bois, le mensonge, l'exploitation de la classe ouvrière au profit des milliardaires et multinationales, les pertes d'emplois massives dans tous les États de la «Rust Belt» et surtout l'Obamacare.

Pendant ce temps nos journalistes québécois nous racontaient comment l'Obamacare était une bonne chose pour les Américains. On nous glorifiait Barack Obama et les démocrates alors que sa cote de popularité n'avait jamais été aussi basse au sud de la frontière. Bref, les journalistes répétaient ce qu'ils lisaient dans les journaux et sites internet américains qui rapportaient ce qu'ils voulaient entendre, comme le New York Times (journal à la solde des démocrates).

Voilà pourquoi les Québécois ont été surpris, ils ont été désinformés par des journalistes qui, au lieu de rapporter des faits réels, ont préféré rapporter ce qui correspondait à leurs valeurs profondes. Si on avait vraiment voulu avoir le pouls de la population, on ne se serait pas déplacé aux USA trois semaines avant l'élection.

On aurait eu, bien avant l'élection, des correspondants sur place qui auraient fait le tour du pays et qui auraient parlé au vrai monde. Ce n'est pas en se fiant à des gens qui vivent dans leur tour d'ivoire qu'on sait vraiment ce qui se passe sur le plancher des vaches.

L'Amérique ce n'est pas New York, Boston, Chicago, Los Angeles ou San Francisco. L'Amérique est beaucoup plus complexe que cela. Cette élection est une leçon pour ces soi-disant bien-pensants; espérons qu'à l'avenir, avant d'écrire ou de parler, ils se donneront la peine de se faire une opinion par eux-mêmes en prenant le temps de bien faire leur travail. Ce ne sont pas les maisons de sondage qui votent, c'est le peuple.

Claude Trudel

Trois-Rivières

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