Le Roi-Uber a mis la planète à l'envers (sur un air connu)

L'avènement de la technologie moderne, au chapitre de la transmission des... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le Nouvelliste

L'avènement de la technologie moderne, au chapitre de la transmission des informations, a amené des services tels Airbnb et Uber: les dirigeants de ces entreprises empruntent l'expression «économie de partage» afin d'expliquer leur modèle d'affaires.

Or, selon Tom Slee, auteur canadien du volume intitulé Ce qui est à toi est à moi - Contre Airbnb, Uber et autres avatars de «l'économie de partage», cette expression, employée dans le contexte des services offerts par eux, est un leurre.

Ces entreprises, avec conseils d'administration et actionnaires, visent avant tout la rentabilité, l'expansion, l'augmentation des profits (estimés à environ 50 milliards $) qu'elles investissent dans des paradis fiscaux.

«Elles ne souscrivent guère à la notion de partage qui renvoie plutôt à un geste de générosité. C'est plutôt là une forme de capitalisme dans lequel il est question d'économies, de transactions et non de partage», selon Nadia Seriaocco. 

Dans ce contexte nouveau, un duel s'engage alors avec les concurrents déjà en place, décrits comme étant vieux jeu, dépassés. La modernité est représentée désormais par Uber et compagnie: les autres n'ont qu'à les suivre!

Qu'elles bousculent le vivre-ensemble en mettant en circulation des flottes d'automobiles plein la ville ou, d'autre part, en imposant des voisins-touristes spontanés et souvent bruyants durant deux ou cinq jours, ça ne les dérange pas, faut bien, selon leurs porte-paroles, tout partager, non?

Dans ce cadre de compétition, «certaines autorités municipales ou urbaines les forcent à des ententes qui, par la suite, ne sont pas respectées», selon le chercheur Guillaume Hébert. Ces récentes entités se retrouvent, dans ces derniers cas, en cour où elles ont les moyens de se défendre.

De plus, Uber a développé une habilité effarante à changer rapidement de discours: il n'est plus question maintenant d'économie de partage, mais de transport du futur dont il se veut partie prenante et se présente même comme le protagoniste éventuel du transport en commun! Faut le faire!

Cette firme change ainsi aussi vite de vocabulaire qu'elle envahit une ville ou parfois la quitte: son slogan, à ce rythme, sera bientôt celui-ci: Pour l'avenir de la planète!

En fait, Uber-Roi ne serait-il pas un cousin éloigné dans le temps, de Ubu-Roi (pièce de théâtre, créée en 1896, par Alfred Jarry)? 

Dans les faits, l'euphorie technologique actuelle peut souffrir des mêmes dérives que celles de l'ivresse du pouvoir, si bien illustrée par Alfred Jarry. Et, faut-il le rappeler ici, Ubu se percevait d'abord... innocent!

Émile Simard

Saint-Mathieu-du-Parc 

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