Les manquements aux devoirs de Monique Jérôme-Forget

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Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du trésor, puis ministre des Finances entre 2003 et 2009.

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Le Nouvelliste

Le désintérêt de l'ancienne ministre des finances et présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, pour la bonne gouvernance de la SIQ ne pouvait qu'annoncer sa dérive.

Toutes les conditions étaient réunies pour tracer la voie au plus grand scandale immobilier du Québec. 

Alors que le directeur du Devoir qualifie son attitude d'insouciante et légère, d'autres considèrent son comportement révoltant et scandaleux. 

Comment expliquer qu'une ministre reconnue pour sa poigne de fer qui savait que la SIQ était dirigée par une personne qu'elle jugeait de peu d'envergure et dont elle avait approuvée la nomination se désintéresse à ce point de la SIQ? 

Et ce, d'autant plus que le Président de la SIQ s'était entouré de membres d'un conseil d'administration qualifiés par sa patronne de «pas bons».

C'est comme si l'ancienne présidente du Conseil du Trésor envoyait le message: «Eh bien, dansez maintenant».

Pour sa défense, l'ancienne présidente du Conseil du Trésor motive sa décision au motif que «la SIQ ne l'intéressait pas». Une SIQ, selon ses dires, «pas assez prestigieuse». 

Comme si, seuls l'extraordinaire, l'éclatant, le remarquable et le prodigieux pouvaient guider ses choix et non les devoirs de sa charge!

À en juger par ses propos, la ministre grande donneuse de leçons,v démontrait son petit côté hautain Marie-Antoinette dans le potager du Trianon allant jusqu'à reprocher à la journaliste Marie-Maude Denis de ne pas savoir compter.

Si l'on remplace les déclarations de l'ancienne présidente du Conseil du Trésor dans leur contexte, une question se pose: dans notre système parlementaire, depuis quand un membre du Cabinet, peut-il, par caprice, s'occuper uniquement de ce qui l'intéresse sans manquer aux devoirs de sa charge?

Dès lors, si à l'annonce de la vente des trois immeubles les élus avaient été informés des conditions scandaleusement avantageuses consenties par la SIQ, il est raisonnable de penser que l'ancienne présidente du Conseil du Trésor aurait été dans l'obligation de démissionner pour négligence, laxisme et incurie dans l'exercice de sa fonction.

Toujours dans la même veine, comment expliquer que face au désintérêt manifeste de celle qui avait l'obligation de reddition de comptes de la SIQ, une société d'État qui relevait de sa compétence, le premier ministre n'ait pas pris les dispositions nécessaires pour la ramener à l'ordre? Déni ou aveuglement volontaire!

Mais, le plus étonnant: après plus de dix ans de la survenance des faits, comment expliquer que l'UPAQ planche toujours sur le dossier et que les enquêtes n'aboutissent pas? C'est à croire qu'il faut l'intervention des journalistes d'enquête pour relancer le traitement de cette affaire. 

À défaut de se faire, il incombe à l'UPAC de motiver ses raisons de clore le dossier.

Claude Gélinas

Shawinigan

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