La fluoration: faits vs émotions

La fluoration continue de susciter la controverse.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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La fluoration continue de susciter la controverse.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, régulièrement pris à partie pour ses mensonges en campagne électorale, n'en fait pratiquement pas de cas, arguant qu'il est ciblé par des organisations biaisées et sachant fort bien que ses mensonges provoquent chez ses partisans, les émotions souhaitées. Cela reflète à mon avis, ce que recherchent les opposants à la fluoration dans le débat actuel à Trois-Rivières.

Il était traditionnellement possible dans nos sociétés occidentales, en se basant sur des faits, des preuves empiriques, de générer des positions et des politiques allant au-delà des préjugés populaires et de la peur. Mais cela semble de moins en moins vrai.

Aujourd'hui, nombre de personnes refusent agressivement les faits qui ne correspondent pas à leur vision et pourfendent de façon démagogique les sources qui les produisent plutôt que de revoir la valeur de leur position à la lumière d'informations neutres.

Cette tendance est encouragée par l'émergence de l'internet, qui permet la circulation rapide d'informations de toute nature, incluant les plus délirantes, et la création de silos d'information où tout un pan argumentaire est évacué. Cela ouvre la porte aux dérives, particulièrement dans des sociétés où certaines figures d'autorité traditionnelles (politiques, religieuses, universitaires, médicales) sont aujourd'hui plus critiquées et contestées.

Avec le résultat qu'on a jeté le bébé avec l'eau du bain. Il semble évident qu'un médecin spécialiste en santé publique, qui a étudié un sujet en profondeur avec les données probantes disponibles, devrait avoir l'autorité pour analyser et parler d'une problématique ainsi que de faire des recommandations pour améliorer l'état de santé de ses concitoyens, mais cela ne semble plus le cas. On fustige le Directeur régional de santé publique et le dentiste-conseil qui recommande la fluoration de l'eau potable, alléguant plein de faussetés à leur sujet et sur la mesure proposée, à la manière «Trump».

La société a tout de même beaucoup à perdre si la rationalité et le pragmatisme sont écartés au profit de la subjectivité et du relativisme.

Les médias ont encore un rôle considérable à jouer dans le contexte actuel pour garantir que les faits soient respectés dans les discussions publiques. Nous espérons, comme société, des médias qui fustigent les contrevérités, les exagérations, les mensonges intéressés et rapportent les faits qui contredisent les impressions. Ce fut le cas en 2013, au Tampa Bay Times, qui s'est vu décerner un prix Pulitzer de journalisme, pour une série d'éditoriaux dénonçant la pseudoscience et les arguments fictifs des opposants à la fluoration de cette région.

Christian Fortin, dentiste

Lévis

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