La réalité autochtone

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Le gouvernement est appelé à mettre plus d'argent pour améliorer les routes qui desservent les réserves amérindiennes.

La Presse

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Le Nouvelliste

Je suis étudiante au Collège Laflèche à Trois-Rivières et je suis autochtone. Je viens d'une réserve amérindienne qui est située au nord de Saint-Michel-des-Saints.

Nous avons une école secondaire, une école primaire ainsi qu'une formation continue pour obtenir le DES offert aux 16 ans et plus. Nous avons également un dépanneur, un centre de santé, un bureau de poste, un CPE et deux restaurants. Nous avons tout ce dont on a besoin ou presque...

Nous vivons dans une réserve éloignée des villes. Pour habiller nos enfants, nous devons faire une heure de route sur du gravier où des camions remplis d'arbres circulent, ce qui est très dangereux.

En plus des camions, nous avons un chemin qui cause souvent des accidents. Ensuite, il nous faut encore deux autres heures de route pour arriver à la ville la plus proche qui est Joliette.

Nous risquons nos vies tous les jours pour pouvoir se nourrir et s'habiller. De plus, dans notre centre de santé, nous avons une ambulance, mais celle-ci ne peut pas aller plus loin que Saint-Michel-des-Saints et, à cause du chemin entre Manawan et Saint-Michel, elle ne peut se permettre de rouler afin d'arriver plus tôt à Saint-Michel pour un transfert. Malheureusement, c'est arrivé que des vies soient perdues à cause du temps que l'ambulance passe sur le chemin de gravier.

Bref, le plus grand défi pour nous est le chemin. De plus, puisque nous n'avons pas de cégep, les étudiants doivent déménager en ville pour pouvoir poursuivre leurs études et ainsi, avoir un avenir dans le monde du travail. C'est loin d'être facile pour nous, car bien souvent, nous faisons face à de mauvais jugements, de mauvais stéréotypes des autochtones, etc.

C'est souvent à cause de cela que certains étudiants abandonnent leurs cours pour retourner dans leur village.

Pour remédier à tout cela, je crois que ce serait bien que le gouvernement puisse mettre plus d'argent sur nos chemins afin qu'on puisse circuler en sécurité. Nous ne sommes pas les seuls à y circuler, car beaucoup de Québécois ont des chalets dans la forêt qui sépare Manawan et Saint-Michel-des-Saints et il y a également des travailleurs.

De plus, il devrait y avoir des règlements plus stricts au sujet des camions remplis d'arbres. Je ne sais combien de fois nous avons vu des camions remplis plus que la limite permise.

Il serait bien également que nous, la population de Manawan, mettions plus d'énergie sur les futurs travailleurs de Manawan. Il faudrait diversifier les domaines de travail pour arriver à faire plus de changements. Nous n'aurions peut-être plus besoin d'aller vers les villes ou presque si on pouvait avoir des boutiques de vêtements ainsi qu'un petit collège comme celui d'Odanak.

Bref, il y aurait beaucoup à faire dans ce coin du pays, car nous avons un territoire riche de culture. Tous les ans, nous accueillons beaucoup de touristes qui vont vers le lac ou qui viennent se promener dans le bois. Nous pourrions peut-être utiliser cela pour développer notre village... 

Kim Dubé-Flamand

Étudiante en sciences humaines

Collège Laflèche

Manawan

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