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Pourquoi une grève? Parce que le communautaire est... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Pourquoi une grève? Parce que le communautaire est sous-financé, parce qu'il fait partie de l'arrière-cour du système de santé et de services sociaux, parce qu'il rend d'immenses services à la société dans son ensemble, parce que s'il n'existait pas il faudrait l'inventer.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Pour la plupart des gens, le milieu communautaire est une abstraction. On sait qu'il existe, mais on ne sait pas trop à quoi il sert. À moins, bien sûr, d'avoir vécu un moment dans sa vie où on a dû recourir aux services de l'un ou l'autre des nombreux organismes qu'on regroupe sous cette étiquette.

Pourquoi une grève? Parce que le communautaire est sous-financé, parce qu'il fait partie de l'arrière-cour du système de santé et de services sociaux, parce qu'il rend d'immenses services à la société dans son ensemble, parce que s'il n'existait pas il faudrait l'inventer.

Pourquoi cette grève est-elle symbolique? Parce que les gens que nous aidons et que nous avons aidés ne prendront pas de pancartes pour défiler dans les rues en se revendiquant d'une aide reçue dans une mauvaise période de leur vie qu'ils cherchent la plupart du temps à oublier. 

Il le faudrait pourtant. Ils sont des milliers chaque année, en Mauricie, à bénéficier des services offerts par cette nébuleuse sociale qu'on appelle le communautaire. L'idée d'une grève c'est d'essayer de dire: que feraient ces gens si nous n'étions pas là? 

La question se pose: pourquoi les organismes communautaires? Pourquoi l'État, qui a la charge des services sociaux, ne peut-il pas combler tous les besoins dont a besoin la population?

D'abord, le communautaire est souvent à l'avant-garde pour expérimenter des pratiques destinées à des clientèles qui ne sont pas prises en charge par le réseau public. Puis, parce que le communautaire a une très longue pratique de dévouement, de militance, de bénévolat, de générosité. Parce qu'il travaille différemment, dans des approches très ciblées et qu'il n'a pas à répondre à un appareil bureaucratique contraignant.

Que les conditions de travail des travailleurs et travailleuses communautaires soient plus précaires, cela va de soi. Nous prenons plus de risques, nous accompagnons les gens, quels que soient leurs besoins, nous sommes proches d'eux, avec eux. Et cela ne peut pas se comptabiliser, se bureaucratiser, s'évaluer mathématiquement. 

Le communautaire est un îlot de gratuité et de générosité, dans une société où tout se monnaye, où tout s'évalue en argent sonnant. Le communautaire, dans cette société individualiste, fragmentée, souvent désorientée, créant des problèmes sociaux à la chaîne, constitue une richesse incommensurable.

Et, le communautaire aujourd'hui vous dit, dit aux décideurs, aux dirigeants politiques: encouragez-nous, donnez-nous plus de moyens, pas pour améliorer nos conditions de travail, non, pour que nous puissions aider plus de gens. 

Bertrand Rainville

Travailleur communautaire

CIBES de la Mauricie

 

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