La culture du harcèlement: expression moins abrupte mais plus large

La marche pour dénoncer la culture du viol... (La Presse Canadienne)

Agrandir

La marche pour dénoncer la culture du viol a rassemblé des milliers de personnes mercredi à Montréal. Une activité similaire est prévue à l'UQTR, le mardi 1er novembre.

La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Une idée comme cela: ne pourrait-on pas remplacer l'expression «culture du viol» par une expression moins abrupte mais plus large telle que «culture du harcèlement»?

Il me semble que le mot viol est déjà si chargé d'émotions troublantes, fatales et ignobles. N'en rajoutons pas avec l'utilisation de cette expression - si entendue dans les médias et autres milieux de diffusion - qui reprend ce mot abrupt, synonyme d'une violence inconcevable.

Certains diront que l'expression «culture du harcèlement» est trop «molle» et n'est pas le reflet assez précis de l'impact d'une telle faute morale et criminelle. Vrai que le mot harcèlement est moins chargé d'émotions effroyables et condamnables.

Mais pendant les moments du jour où surgissent une énorme tristesse, un implacable désarroi et une ultime humiliation, le mot harcèlement aurait peut-être l'avantage d'apaiser la douleur du souvenir (beaucoup mieux en fait qu'avec la répétition du mot viol dans l'espace public et médiatique).

«La culture du harcèlement» (le viol étant l'expression la plus démesurée) permet aussi de ratisser plus large concernant l'éventail des paroles les plus désobligeantes et la panoplie des gestes les plus irrespectueux. Ces actes sont tout autant à condamner et tout autant liés à une «culture». Allusions troublantes, commentaires haineux et effleurements déplacés sont des formes d'harcèlement parmi tant d'autres. 

Qu'ils soient d'ordre sexuel ou autre, ces interactions malfaisantes et répétitives peuvent amener une certaine catégorie d'hommes à aller jusqu'à forcer et dévaster l'intimité d'une personne captive et désemparée - généralement une femme déstabilisée, non consentante, déjà victime et quasi coupable devant l'homme-tribunal.

Alors pourquoi ne pas utiliser dès maintenant la formule de «la culture du harcèlement»? 

Parce qu'en plus d'être encore présent et toujours catastrophant dans les écoles, les milieux de travail (y compris chez nos chers élus) et aussi dans les familles et les communautés, le harcèlement se «subit» de plus en plus «virtuellement», d'une manière aussi rapide, aberrante et destructrice que le permet les communications par réseaux sociaux de l'Internet.

Mettons notre poing sur la table et qu'on s'entende tous et toutes pour appliquer sans compromis la formule «tolérance zéro à toutes formes et lieux de harcèlement»; ça pourrait bien être le début de la fin d'une culture dont on veut plus ni entendre et ni vivre - celle du viol (à disparaître à jamais de notre espace social).

Car en effet, nous sommes tous concernés de près ou de loin par cette problématique sociopolitique insoutenable, indéfendable. À chacun et chacune de trouver ses solutions d'y faire face puis de collaborer activement avec la société civile pour laquelle harcèlement et viol doivent disparaître de la liste de nos comportements - entre enfants, hommes et femmes de même valeur, de même importance, de même dignité.

Jacques Lambert 

Saint-Barnabé

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer