Changer la couche ou macérer dans le pipi?

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Je suggère au ministre Barrette et à ses semblables un petit exercice pratique que j'ai fait sur moi-même il y a longtemps: enfiler une culotte d'incontinence et pisser dedans jusqu'à ce quelle soit bien imbibée.

Le Droit

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Le Nouvelliste

À la suite des déclarations récentes d'une préposée concernant une directive de ne changer les culottes d'incontinence des résidents en CHSLD que lorsqu'elles sont pleines, notre bon ministre Barrette clame que «cette directive n'existe pas au ministère de la santé».

Ce n'est pas sans nous rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, la nouvelle que des soins à domicile étaient coupés dans certaines régions à cause de ses coupes drastiques en santé l'ont incité à déclarer «qu'il n'y avait aucune consigne demandant de couper dans les services à domicile».

C'est aussi Gaétan Barrette qui déclarait qu'un bain par semaine pour les résidents en CHSLD, c'est suffisant, et que cette polémique du bain hebdomadaire était «un jeu journalistique».

Et même qu'il en rajoute à propos du changement des couches: «On n'a pas quelqu'un qui fait le tour de l'étage aux cinq minutes [...] Les gens sont vus en fonction de leurs conditions cliniques». Ça, c'est la théorie démagogique banalisante! Pour la pratique, il semble bien que le doc Barrette est de plus en plus déconnecté de la réalité des CHSLD. 

Dans la vraie vie, le problème du changement des couches empire depuis des années. J'ai soigné des gens pendant plusieurs années, notamment pour deux agences montréalaises qui m'envoyaient dans plusieurs hôpitaux et CHSLD sur tout le territoire. Et je vous jure que partout on avait comme directive d'étirer les couches et les piqués, étirer signifiant les changer le moins souvent possible. 

Ça coûte cher les couches, et le lavage des piqués aussi, alors, quand le gouvernement a coupé dans tout et que les administrations locales ont par conséquent coupé dans le personnel, la qualité de la bouffe, les bains, et j'en passe, il reste la pisse et la chiasse à gérer de façon plus efficace! Mais efficace pour qui? 

Au dernier centre où j'ai travaillé, je me suis fait reprocher d'avoir amené une malade à la toilette (la grosse envie, vous voyez!) au moment du rapport inter-quarts, j'aurais dû lui dire de «faire dans sa culotte, on va venir plus tard». On m'y a aussi reproché d'avoir apporté un pichet d'eau à un malade, ce n'était pas l'heure de la tournée. Des comme ça, je pourrais vous en raconter sur des décennies!

Je suggère au ministre Barrette et à ses semblables un petit exercice pratique que j'ai fait sur moi-même il y a longtemps: enfiler une culotte d'incontinence et pisser dedans jusqu'à ce quelle soit bien imbibée. Et encore, je ne parle pas d'une imbibition qui déborde au point d'imprégner le piqué sur lequel vous reposez ou les vêtements que vous portez.

Ce n'est pas long que les rougeurs et les échauffaisons vous incommodent, avec en prime les frissons. Sans parler de l'odeur qui vous fait honte devant les autres, si vous êtes encore lucide!

C'est une manie chez les hauts cadres de la santé: d'abord ils nient et banalisent, puis font enquête et renvoient la balle aux administrations locales en annonçant des mesures cosmétiques. Ce n'est jamais de leur faute! 

Robert Duchesne

Trois-Rivières

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