Le salaire minimum a du rattrapage à faire...

Plusieurs voix s'élèvent pour réclamer un salaire minimum... (La Presse)

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Plusieurs voix s'élèvent pour réclamer un salaire minimum à 15 $. Au Québec, un travailleur au salaire minimum gagne moins de 20 000 $ par an, ce qui est en deçà du seuil de la pauvreté.

La Presse

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Le Nouvelliste

Cinq-dix-quinze. C'était le nom d'un petit magasin «cheap» à rayons où l'on y vendait toutes sortes de bébelles pas chères.

Si ma mémoire est bonne, on y vendait des fleurs en plastique, des cartes de fête, un peu de linge pour femmes, des jouets, etc. C'était semblable au Tigre Géant d'aujourd'hui. C'était dans les années 1970 environ.

J'avais une douzaine d'années. Déjà à cet âge, comme plusieurs autres jeunes de mon âge, j'avais des petits boulots... distribuer le journal, entretenir le terrain du voisin, etc. Le salaire minimum était approximativement à 2,25 $ l'heure.

C'était dans les années après l'Exposition universelle de 1967. Tout roulait un peu sur l'or, comme on dit. Les choses n'étaient pas trop chères. Je travaillais pour 1 $ de l'heure, mais le sac de chips se vendait 5 ¢. 

Dans le début des années 1980, encore là, un peu tout le monde travaillait. L'économie était encore assez bonne. Le salaire minimum était d'environ 4 $ de l'heure. À ce moment, je travaillais pour 9 $ de l'heure.

Au début des années 1990, on dirait que tout a commencé à déraper; les usines fermaient les unes après les autres, l'essence était chère, les autos petites, et le panier d'épicerie n'était pas aussi plein qu'avant à cause du prix des aliments. C'était le début de la disette. Le salaire minimum montait graduellement, d'un gros 10 ou 20 ¢ à la fois, mais le panier d'épicerie, lui, grimpait très vite.

L'écart entre le salaire minimum et les besoins essentiels est devenu de plus en plus grand. Si bien qu'aujourd'hui, en 2016, le salaire minimum n'est que seulement 10,75 $ de l'heure et les prix du loyer, du panier d'épicerie, de l'électricité ont explosé. C'est fini le temps des cuisses de poulet à 0,99 $ la livre. C'est de voir l'énorme différence qui se produit entre le salaire minimum et les prix d'aujourd'hui; l'écart grandit tranquillement, mais continuellement.

C'est pour ces raisons que nous demandons en tant que société que le salaire minimum grimpe à 15 $ de l'heure au Québec. L'Alberta l'a adopté comme mesure. Depuis le 1er octobre, cette province a augmenté le salaire minimum à 12,20 $ l'heure. Il passera à 13,60 $ en octobre 2017 et à 15 $ l'heure le 1er octobre 2018.

Les PME ne seront peut-être pas aussi heureuses les premières années, s'il y avait des pertes d'emplois, mais les gens auront de plus en plus d'argent dans leurs poches, ils dépenseront de plus en plus et les emplois reviendront graduellement et tout le monde sera content de toute façon.

Le premier ministre Couillard n'est pas content du tout avec cette idée. Il a tout de même dit qu'il mettrait des gens pour étudier le dossier.

Je ne peux pas être en défaveur de la hausse du salaire minimum à 15 $ de l'heure, car beaucoup de petits salariés crèvent de faim. Il y a, d'après les données de la FTQ, 21 100 travailleurs qui touchent le salaire minimum. Cinquante-huit pour cent de ceux-ci sont des femmes.

La province compte aussi 45 500 salariés qui sont considérés comme des travailleurs pauvres parce qu'ils touchent 11,80 $ l'heure ou moins. Un million de travailleurs gagnent moins de 15 $ l'heure dans les PME du Québec. À 10,75 $ l'heure, ça donne un salaire d'à peu près 19 500 $ par an à 35 heures par semaine. Le seuil de la pauvreté est de 23 800 $.

Quoi qu'il en soit, ce sera peut-être un bon sujet de discussion dans le temps des Fêtes. Probablement que les propriétaires des PME ne seront pas tous d'accord, mais les salariés, eux, en seront très heureux. Ça risque de brasser dans les brancards, comme on dit.

Là-dessus, joyeuses Fêtes et priez pour le père Noël Couillard, pour qu'il voie plus clair; qu'il arrête de faire des études qui coûtent très cher aux contribuables qui crèvent de faim actuellement.

À 15 $ l'heure, les gens moins nantis fréquenteront un peu moins les commerces du genre Tigre Géant et un peu plus les autres types de commerces.

Claude Béland

Notre-Dame-du-Mont-Carmel 

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