Le sport-études a-t-il sa raison d'être?

Le football à l'UQTR, est-ce bien nécessaire?... (Photomontage Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le football à l'UQTR, est-ce bien nécessaire?

Photomontage Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Depuis 2005, les décideurs politiques ont inventé une formule afin de tenter de maintenir à l'école les enfants, athlètes doués, lesquels décrochaient trop tôt de leur devoir d'apprendre. Ils ont mis en place le concept du «sport-études», le concept du sport-passion pour la réussite scolaire.

De fait, on invitait les jeunes passionnés dans la pratique d'un sport quelconque, à s'inscrire à une fédération sportive et d'y être reconnus comme «performants» dans leur sport de prédilection. Il ne restait qu'à se rendre à une école reconnue qui offrait de parfaire une technique sportive, à la condition de bien faire ses devoirs d'étudiants et de réussir ses examens. Comme dirait l'autre, une formule gagnant-gagnant.

Parfait pour les doués et surdoués sportifs, mais les autres, les moins passionnés pour la pratique d'un sport, que leur offrait-on? 

Pourrait-on aujourd'hui abolir ces programmes de fierté sportive d'une élite douée tout en réussissant à faire étudier ces enfants physiquement doués? Faut-il être applaudi à tout rompre par des salles combles pour apprendre?

La réussite scolaire doit-elle se couronner par une victoire sportive reconnue par un public qui en redemande? L'effort à l'apprentissage doit-il être de l'ordre du spectacle ou motivé simplement par l'humanisme, c'est-à-dire une saine actualisation de nos talents pour une société prospère?

Le passage de l'enfance à l'âge adulte ne doit-il pas justement nous faire passer de l'heure du jeu à l'heure d'être sérieux? N'est-ce pas le but de l'éducation?

J'ai beaucoup joué dans ma jeunesse et même assez tard dans ma vie d'adulte, mais ce départage des moments de jeu avec ceux des devoirs et des leçons n'avait d'autre but que de faire vivre cette vieille maxime: «un esprit sain dans un corps sain». 

Il y avait des lacunes à corriger, certes, mais pourquoi n'a-t-on pas exigé des doués sportifs d'hier, d'étudier autant qu'on l'exige aujourd'hui? Pourquoi faut-il aujourd'hui des équipements ultradispendieux et des budgets extravagants pour une caste dont il faut applaudir les prouesses pour qu'elle réussisse à l'école?

Oui, la passion est source d'exaltation, mais la connaissance de soi est plus nécessaire, universelle et exigeante à obtenir. Il faut apprendre très jeune à marcher seul pour trouver son équilibre sans l'aide de béquilles. Sans cet apprentissage minimal, l'adulte cherche longtemps sa maturité d'être, et la société perpétue cette phallocratie millénaire, même chez certaines femmes en mal de reconnaissance de leur voie.

Le football à l'UQTR, est-ce bien nécessaire?

François Champoux

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer