Le salaire à 15 $ l'heure: un minimum

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Le Nouvelliste

L'auteur, Bertrand Rainville, est conseiller budgétaire au Centre d'intervention budgétaire et sociale (CIBES) de la Mauricie.

Nous assistons présentement à un débat assez virulent concernant l'augmentation du salaire minimum à 15 $ l'heure. Virulent dans la mesure où ce que nous entendons de la part des organisations patronales et de certains économistes, c'est que le Québec se dirige vers une catastrophe si jamais son gouvernement prenait une telle décision. Comme toujours, on fait dire ce qu'on veut aux chiffres.

Or, les gens directement concernés peuvent avancer, des chiffres autrement pertinents et réels qui montrent l'insuffisance de revenus d'une frange importante de la population ouvrière. On ne connait pas l'avenir et si l'on se fie aux pronostiques économiques des dernières années, les économistes encore moins que les autres.

En effet, les études sont nombreuses à démontrer les bienfaits d'une augmentation du salaire minimum sur l'ensemble de la société, là où les acteurs politiques ont joué leur rôle, que ce soit aux États-Unis ou en Europe.

Ce débat est essentiellement politique et c'est à ce niveau qu'il doit être mené. Il est également éminemment social puisqu'il concerne une importante fraction de la population, celle qui vit au bas de l'échelle du marché du travail. Que les nantis s'opposent à ce que les moins fortunés améliorent leur sort, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Il faut tout de même s'étonner que dans une société dite évoluée et démocratique de tels sursauts d'égoïsme soient encore possibles. Bien sûr, on prend toujours comme exemple la petite entreprise qui risque de disparaitre si on s'engage dans cette voie. Qu'est-ce qui fragilise et, in extremis, tue les PME? L'augmentation du salaire minimum qui améliore la vie de tout le monde, ou les comportements de grandes compagnies monopolistiques déloyales et promptes à bafouer toutes les règles pour anéantir la concurrence? 

Nous n'entrerons pas dans les détails, mais notre expérience montre très clairement, à partir d'un budget type, que le salaire annuel nécessaire à une personne seule pour mener une vie minimalement convenable doit se situer au-dessus de la barre des 35 000 $ par année. La seule «extravagance» dans ce budget c'est un paiement auto de 250 $ par mois.

Un salaire minimum à 15 $ l'heure est encore très loin de ce seuil et ce, sans tenir compte de tous ces employés qui travaillent sur des horaires brisées et n'atteignent jamais les 35 heures sur lesquelles sont basées tous les calculs à ce propos.

Surtout que généralement, comme nous faisait remarquer une coalition d'organismes et de syndicats dernièrement, les gens au salaire minimum ne bénéficient d'aucune condition de travail telles que des congés payés en cas de maladie, voire simplement de connaître leur horaire de travail cinq jours à l'avance pour leur permettre d'organiser leur vie personnelle et familiale ou pour se trouver un autre emploi à temps partiel si le premier n'assure pas un nombre d'heures suffisant.

Oui, 15 $ l'heure est vraiment un minimum, c'est une question de justice sociale et d'équité.

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