Étude sur la fluoration: la Commission scolaire manque d'éthique

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Lettre adressée à la direction de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Comme parents d'enfants âgés de 5 à 8 ans, nous nous inquiétons d'apprendre que nous sommes devenus une cible pour un groupe de chercheurs ayant reçu le mandat de procéder à une évaluation de l'état de santé buccodentaire des jeunes enfants dans un contexte de fluoration de l'eau de consommation à Trois-Rivières.

Non seulement nous nous interrogeons sur les coûts d'une telle étude, sur sa réelle transparence et sur l'indépendance du lien existant entre l'investigateur principal et le ministère de la Santé, mais nous nous questionnons aussi sur le rôle que devrait avoir la Commission scolaire du Chemin-du-Roy dans un tel dossier. N'a-t-elle pas le devoir de rester neutre?

Or, l'implication de la commission dans une étude reliée à la fluoration de l'eau, l'un des projets les plus controversés à Trois-Rivières, et sa contribution implicite dans la promotion de la fluoration de l'eau potable, n'a rien de neutre. Et surtout, elle remet en question le code d'éthique qui devrait toujours guider toute action de nos institutions scolaires et dont vous vous êtes dotés.

Les parents de ces enfants âgés de 5 à 8 ans, fréquentant diverses écoles à Trois-Rivières, devraient avoir reçu une lettre de consentement les informant des avantages et des inconvénients de la participation de leur enfant à cette étude. Si les parents sont comme nous et qu'ils ont fait leurs devoirs, ils s'écorcheront sur le premier paragraphe, le préambule, qui stipule que la fluoration de l'eau est reconnue depuis plusieurs années pour diminuer le taux de carie et améliorer la santé buccodentaire des gens qui la consomment.

Déjà là, il y a un biais. En aucun cas, on n'y mentionne qu'elle est aussi reconnue pour causer des effets néfastes sur la santé, que des études récentes réalisées par des chercheurs réputés des universités Harvard et Kent ont démontré que le fluorure, un neurotoxique, a des effets sur le développement du QI et sur la glande thyroïde. On ne nous dit pas que la fluorose dentaire est reconnue comme la principale maladie. Tout ce qu'on nous dit c'est qu'on évaluera la présence de fluorose dentaire chez les 7-8 ans. Mais qu'est-ce que c'est exactement que la fluorose dentaire? 

D'ailleurs, au paragraphe «Avantages, risques ou inconvénients possibles liés à votre participation», rien n'y est expliqué. Tout ce qu'on nous dit c'est que l'examen dentaire est une procédure d'observation qui ne cause aucun malaise ni inconvénient... Là où nous avons un malaise, c'est que les observations du chercheur se feront en contexte de fluoration, c'est-à-dire - et ce, vous vous gardez bien de nous l'expliquer - que mon enfant devra consommer de l'eau additionnée d'acide hexafluosilicique, un produit non homologué par Santé Canada, comme l'a lui-même mentionné le directeur de la santé publique de la Mauricie. Un produit qui est ajouté à l'eau pour prétendument la traiter, mais qui en réalité constitue une mesure pour traiter les gens, et ce, sans leur consentement. 

Il est clairement stipulé dans différentes références traitant des lois et des exigences relatives à ce genre d'étude que le participant doit être informé adéquatement de tous les risques, les préjudices ou les inconvénients raisonnablement prévisibles auxquels il peut être exposé. Puisque le participant sera exposé à des fluorures, n'est-il pas de notre droit d'être informés de tous les risques y étant associés? Et vous, en tant que commission scolaire, votre rôle n'est-il pas de faire preuve d'une éthique irréprochable, et d'éviter de vous placer dans une situation qui contrevient aux valeurs de votre code d'éthique? Nous vous rappelons que les valeurs de ce dernier parlent d'intégrité, de probité et de transparence. Votre mission, quant à elle, parle de la commission scolaire comme étant une institution qui exerce un rôle d'influence au regard du développement social, culturel et économique de sa région.

Nous vous posons donc la question suivante: croyez-vous que le fait de permettre à une équipe de chercheurs d'utiliser votre réseau d'établissements scolaires pour accéder à un échantillonnage d'enfants pour tester les effets de la fluoration de l'eau dans une étude dont on ne connaît pas les coûts, en leur présentant cette recherche comme étant simplement trois examens gratuits, ne les exposant à aucun inconvénient, au bout de laquelle on leur remettra une brosse à dent gratuite, soit cohérent avec votre rôle d'influenceur dans notre société et vos valeurs? 

Si votre réponse est oui, nous croyons que vous devriez revoir votre code d'éthique. Si la réponse est non, nous croyons que vous devriez corriger le tir et informer les parents. D'ailleurs, auriez-vous eu la même ouverture, si la communication aux parents avait compris un feuillet informatif comprenant les risques et les inconvénients de la fluoration de l'eau potable? 

Valérie Renaud-Martin

Laurence Gauthier

Daniel St-Yves

Parents d'enfants de 5 et 7 ans

Trois-Rivières

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