Un modèle de société qui inspire la honte

Le pavillon Alphonse-Marie-Parent, sur le campus de l'Université... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le pavillon Alphonse-Marie-Parent, sur le campus de l'Université Laval.

Le Soleil, Erick Labbé

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Le Nouvelliste

L'auteur, Jean Fournier, est professeur au Cégep de Trois-Rivières et militant communautaire et syndical.

Le modèle patriarcal dans lequel perdure notre civilisation ne semble pas vouloir s'éteindre, ni véritablement vaciller. Des ambiances machistes des «Beach clubs», aux modèles masculins surannés, choquants et déshumanisants des Bilzeran de ce monde, au machisme idolâtré par les rednecks du sud chez ce candidat indécent à la présidentielle américaine, ou encore, aux multiples inégalités sociales, économiques, culturelles ou politiques dont sont victimes les femmes, nous voilà confrontés à un autre affront de cet archaïsme. 

Des femmes ont été agressées dans les murs d'un bâtiment universitaire. Pour ajouter à l'abject, le rectorat a tardé à prendre la parole. La semaine dernière, en plus des dénonciations des violences sexuelles perpétrées par un député du parti au pouvoir, des milliers de femmes ont occupé les rues mercredi de Buenos Aires à Mexico en passant par La Paz ou Madrid pour protester contre le meurtre de la jeune argentine, Lucia Pérez, auparavant droguée et violée.

À cela, pourrait s'ajouter toutes les violences vécues dans les rues des grands centres urbains du monde, mais également dans nos campagnes, ou tout autant dans le cadre des guerres actuelles (et passées), où les femmes ont constitué un butin de guerre à exploiter, dont on peut abuser. À vrai dire, c'est partout que le fléau de la violence contre les femmes s'exprime.

Ce qui est en cause? Un modèle de société, imposé depuis la nuit des temps, par le prototype masculin, machiste, dominateur, abuseur, exploiteur. Ce modèle perdure dans le temps, parce qu'il sait s'incruster dans nos sociétés, s'exprimer tantôt subtilement, conditionner tout doucement des agissements humains et le rapport aux autres. Le patriarcat sait par quelle voie enfouir au plus profond de l'être humain des comportements qui vont servir son paradigme: dominer.

Je n'en peux plus, en tant que père de deux jeunes femmes, de conjoint, de professeur au collégial dans une discipline portée par une majorité de collègues femmes, offrant des cours à une majorité de femmes, de me retrouver confronté à ce modèle de «l'homo macho». Il ne cesse d'ingénier d'inédites stratégies pour asservir, modeler et s'infiltrer. 

Bien entendu, les réponses sont nombreuses. Le mouvement des femmes et ses alliées proposent et dénoncent, comme cela s'est exprimé cette semaine. Il faut maintenir cette pression collective. 

C'est un devoir citoyen de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour discréditer le modèle dominant. Les radios-poubelles et forums de tout acabit, vont tenter de nous faire douter, vont incontestablement essayer de déprécier le témoignage de la jeune femme victime des sévices sexuels de l'homme politique dont il a été question jeudi dernier et vont, en dernier recours, se reposer sur l'impression que le système judiciaire est ceci ou cela, que les hommes sont victimes eux aussi, que les femmes sont manipulatrices, etc. 

En terminant, nous sommes nombreux et nombreuses à en appeler à toutes les forces vives, progressistes, démocratiques, collectives ou individuelles, de gauche ou de droite, à prendre la parole, exprimant une dénonciation univoque et engagée en regard de la nécessité de contribuer à l'édification d'un autre modèle de société. Les violences systémiques doivent être combattues et cesser. 

Lundi, quand je vais me retrouver devant ma classe, je vais tenter de continuer à faire saisir à mon groupe d'étudiantes et d'étudiants que le monde que nous devons contribuer à édifier, DOIT miser sur l'inclusion, l'acceptation des différences, la justice sociale et l'équité.

Dans ce cadre, j'exprime la nécessité pour durer dans ce combat, de ressentir l'union de nos luttes. Il nous faut de ce fait continuer à ouvrir des espaces-citoyens apaisants, solidarisants, unifiants et sécurisants. C'est le monde qu'il nous faut aujourd'hui et pour demain.

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