Monsieur le premier ministre, n'oubliez pas les municipalités

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Les municipalités convoitent une part des surplus budgétaires du Québec, dont a fait état le ministre Leitão mardi.

La Presse

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Le Nouvelliste

L'auteur, Stéphane Biron, est conseiller municipal. Il s'adresse ici au premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Monsieur le premier ministre,

Depuis quelques jours, nous avons appris l'étendue de vos surplus ainsi que la vision d'investissement que vous en avez. Au cours des dernières années, les municipalités ont clairement identifié leurs priorités pour assurer un développement harmonieux de leur communauté.

Les défis, comme chaque année, sont énormes et je ne vois pas cette tendance diminuer dans un avenir rapproché. Donc, il est important que vous puissiez les connaître. 

Le rôle des municipalités a grandement évolué dans l'histoire du Québec. D'abord dévoué à offrir des services de base à sa population en hygiène du milieu (aqueduc, égout, routes, gestion des matières résiduelles, infrastructures de loisir et sécurité publique), leur rôle est maintenant de plus en plus diversifié. Pas nécessairement par choix, elles doivent maintenant prendre la relève dans plusieurs secteurs où vous vous êtes lentement retirés. 

Comme citoyen, on peut comprendre aussi les défis auxquels font face nos gouvernements successifs. Cependant, nos municipalités font face aux mêmes défis, et ce, avec une assiette de revenus beaucoup moins diversifiée.

Aux obligations de base, les municipalités doivent maintenant investir en culture, en environnement, en action communautaire, en éducation et de plus en plus en santé. Les municipalités, en milieu rural, doivent redoubler d'imagination pour offrir un milieu de vie dynamique à leur population. 

Cet investissement se traduit maintenant par une participation de plus en plus grande dans des infrastructures en santé et en éducation. En milieu rural, les initiatives sont nombreuses pour des coopératives de santé ou par de l'aide à des cliniques privées pour assurer la présence de médecins à notre population.

Pour pallier les coupures en éducation, de l'aide est maintenant offerte pour améliorer les infrastructures dans nos cours d'école pour éviter une dégradation de ces dernières et assurer la sécurité de nos enfants. Nous devons aussi participer à leurs différentes fondations sans lesquelles leur situation se dégraderait de plus en plus. 

En sécurité publique, il faut maintenir des standards élevés en sécurité incendie édictés par vous, mais sans l'aide nécessaire pour les mettre en place. Pour plusieurs municipalités, ces standards ont représenté des sommes colossales à assumer seul.

Pour les services policiers de la Sûreté du Québec, les sommes sont en croissante évolution puisque calculées sur la richesse foncière. Donc, plus une ville se développe, plus sa contribution augmente sans nécessairement que les services augmentent en termes de desserte. Pour diminuer cette facture, il faudrait viser une dévitalisation puisque même en développement nul, la révision des rôles d'évaluation contribue à une inévitable augmentation. 

Pour éviter une dévitalisation de nos milieux, il faut aussi venir en aide aux gens les plus démunis en participant aux Corporations de développement communautaire. Ces dernières doivent maintenir de façon croissante des services essentiels en aide alimentaire, en alphabétisation et en organisation sociale.

La culture, bien qu'elle soit cachée dans le tiroir du bas pendant les campagnes électorales, demeure essentielle dans l'affirmation de notre identité et pour la vitalité de nos milieux. Nos infrastructures en loisir doivent aussi être maintenues pour assurer une meilleure qualité de vie à nos citoyens en effectuant la promotion de saines habitudes de vie et éviter ainsi que le budget québécois en santé dépasse bientôt le seuil du 50 % des dépenses de l'État.

Bien sûr, nous pouvons choisir des mesures d'austérité et n'offrir que le strict minimum. Nous pouvons aussi choisir de maigres baisses d'impôt avec les surplus engrangés grâce à ces dernières. Ignorer les besoins de nos régions rurales augmente la compétitivité entre municipalités et mène inévitablement à la dévitalisation de certaines d'entre elles.

Malgré une seule source de revenus, nous sommes appelés à effectuer de petits miracles pour maintenir une qualité de vie acceptable dans le respect de la capacité de payer de nos citoyens.

En espérant que vous comprendrez que votre rôle ne doit pas simplement se limiter à quelques promesses de gouvernement de proximité, nous espérons que vous pourrez influencer la venue d'un pacte fiscal durable et efficace avec les municipalités du Québec pour le bien-être de l'ensemble de nos régions.

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