Le ministre Barrette en contradiction avec lui-même

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette,... (/Christopher Katsarov, La Presse canadienne)

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Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, flanqué de son homologue fédérale, Jane Philpott.

/Christopher Katsarov, La Presse canadienne

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Le Nouvelliste

Ça fait drôle d'entendre le ministre Barrette s'exprimer sur la baisse d'investissement du fédéral dans le domaine de la santé.

Les arguments qu'il présente, afin de contrer les coupes du gouvernement du Canada, sont exactement les mêmes que l'on aurait pu lui formuler lors des fameuses coupes en santé qu'il a faites à la suite de son élection.

Afin de défendre sa position, il affirmait que l'argent en santé était mal géré et mal dépensé, exactement ce qu'avance actuellement le fédéral. Pourtant, dans la même période, il ne s'est pas gêné pour accorder aux médecins une faramineuse et indécente augmentation de revenus. Je trouve cela extrêmement loufoque de l'entendre aujourd'hui se contredire ainsi. On croirait entendre Donald Trump divaguer devant les caméras.

Ce qui semble importer pour M. Barrette, c'est d'affirmer qu'il a toujours raison et que tous les autres ont tort. Si tel était le cas, alors que fait-il en politique? Il devrait retourner en médecine afin de soigner les maladies incurables et nous serions alors débarrassés d'un politicien qui n'a aucune écoute.

Si nous relevions tous les propos utilisés par les ministres libéraux du Québec pour défendre leur intégrité, nous aurions assez d'éléments pour inspirer un vrai festival de l'humour. Je ne peux pas croire qu'ils puissent penser se faire réélire dans deux ans.

Je pense que le peuple québécois a beaucoup plus de jugeote, une qualité qui ne semble pas transparaître dans la gouvernance libérale. Il est drôle de voir un gouvernement se retrouver toujours coincé en position de défense. Ceci ne semble pas leur avoir porté chance si nous considérons la chaise musicale des ministres dans le domaine de l'éducation et du transport.

Par contre, si Barrette est toujours ministre, serait-ce parce qu'il ferait peur au premier ministre? Il régit la santé comme un être imbu de lui-même. Il semble se dire: «Ils ont tous tort, moi seul ai raison!». Mais que détient-il dans ses cartes pour effrayer ainsi le premier ministre?

Si M. Barrette se déconnectait un peu de son ego, il réaliserait bien vite qu'il pourrait sauver beaucoup d'argent dans le domaine de la santé en accordant plus de pouvoir aux infirmières. Ces dernières, de par leur formation et leurs compétences, pourraient aisément répondre adéquatement aux besoins de certains patients. Cela permettrait, de plus, de réaliser énormément d'économie.

Pourquoi ne pas accorder aussi plus de pouvoir et plus de responsabilité aux pharmaciennes et pharmaciens? Ces derniers en connaissent sûrement beaucoup plus que les médecins dans le domaine de la médication. Le travail du médecin se limiterait alors au diagnostic. Nous n'aurions plus besoin de le consulter à nouveau pour un renouvellement ou un changement de prescription. Tout cela ferait économiser beaucoup d'argent à l'État. 

Comment se fait-il que M. Barrette ne prenne pas conscience de cela ou est-ce tout simplement parce qu'il veut protéger les nouvelles augmentations de revenu des médecins? Serait-ce pour combler ce déficit qu'il voudrait une plus grande participation du fédéral, sans avoir à rendre des comptes? 

Thierry Évrard

Trois-Rivières

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