Djemila Benhabib défend NOTRE liberté d'expression

Une école musulmane reproche à Djemila Benhabib d'avoir tenu... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Une école musulmane reproche à Djemila Benhabib d'avoir tenu des propos diffamatoires à son endroit dans une interview qu'elle a donnée le 8 février 2012.

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Le Nouvelliste

La liberté d'expression représente le baromètre qui fait la différence entre une démocratie et une dictature.

Si bien que chaque fois que la liberté d'expression recule, c'est la démocratie qui s'affaiblit. L'exemple le plus significatif nous est parvenu de l'équipe du journal satirique français Charlie Hebdo dont une bonne partie de la rédaction a été décimée par deux intégristes musulmans, le 7 janvier 2015 à Paris.

Mais qu'en est-il au juste de ces populations musulmanes qui immigrent au Québec et qui ont vécu dans des pays où la religion y occupe une place prépondérante au point de dicter les lois en matière familiale par exemple ? Seront-elles capables de s'adapter à notre monde moderne démocratique et respectueux de la liberté d'expression et de l'égalité homme-femme?

Accepteront-ils que nos caricaturistes se payent la tête de Mahomet? Envisageront-ils d'accepter sereinement les critiques que nous formulerons à l'endroit des dogmes des religions?

Rien n'est moins sûr, pourtant la critique est un outil qui permet au monde de se remettre en cause et de progresser vers plus d'humanité. Alors, comment les aider à cheminer vers la démocratie?

Nous avions, lors de la «Révolution tranquille» des années 1960, réussi à écarter les religions du pouvoir. Alors pourquoi ne réserve-t-on pas le même traitement pour les religions des minorités ? Notre pays qui s'est distancié du religieux se retrouve, aujourd'hui, noyé sous les demandes d'accommodements des minorités religieuses. Comment accepter que les écoles musulmanes au Québec voilent des petites filles de 9 ans, endoctrinent les enfants et les préparent à la violence?

Djemila Benhabib, d'origine algérienne, qui a tout vécu, tout étudié et tout écrit au sujet de l'islam politique, vient nous prévenir des dangers qui nous guettent ici chez nous, au Québec. Cette femme hors du commun a mis sa vie en danger en dénonçant ces fous d'Allah et en écrivant plusieurs ouvrages sur la question.

Au lieu de prendre toutes les précautions utiles pour prévenir des dangers inévitables qui se préparent, ici, l'État québécois subventionne ces mêmes écoles et permet que Mme Benhabib soit traînée devant les tribunaux par ces mêmes religieux qui n'ont qu'un seul véritable souhait: imposer leurs dogmes au mépris de l'égalité homme-femme et de la liberté de conscience. C'est un véritable scandale!

La complicité de l'État avec ces religieux est inquiétante à moins que nous ne soyons déjà plus en démocratie. La question peut se poser pour toutes les personnes conscientes des enjeux. Le Québec est une terre d'accueil qui doit permettre à tous et à chacun de vivre en se réalisant pleinement en toute sécurité dans un cadre démocratique.

Djemila Benhabib, qui devrait être reconnue comme un exemple d'intégration, y a toute sa place. Sa parole est précieuse. Il faut absolument lui offrir les meilleures conditions pour qu'elle puisse exercer sa liberté d'expression sans crainte de représailles comme c'est le cas actuellement avec cette poursuite-bâillon des Écoles musulmanes de Montréal.

Jean-Paul Michon

Québec

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