Que du vent?

Le premier ministre Philippe Couillard et ses ministres... (Le Quotidien)

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Le premier ministre Philippe Couillard et ses ministres profitent de toutes les occasions pour affirmer sans rire que les compressions décrétées par leur gouvernement contribuent à la santé économique du Québec tout en n'ayant aucun impact sur les services.

Le Quotidien

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Le Nouvelliste

Lors de la dernière campagne électorale, le chef du Parti libéral prédisait sur toutes les tribunes que l'élection du parti qu'il dirige provoquerait un «effet libéral» susceptible de stimuler la croissance, de relancer l'investissement privé avec, à la clé, la création de pas moins que 250 000 emplois. Un avenir radieux était promis aux Québécois. Quoi demander de plus?

Or la première décision du gouvernement Couillard fut de freiner l'action gouvernementale et d'appliquer des mesures d'austérité sans précédent. Depuis, le premier ministre Philippe Couillard et ses ministres profitent de toutes les occasions pour affirmer sans rire que les compressions décrétées par leur gouvernement contribuent à la santé économique du Québec tout en n'ayant aucun impact sur les services.

Or, le 29 juin dernier, dressant un bilan de mi-mandat de l'actuel gouvernement, l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) nous apprenait que l'effet libéral annoncé est toujours du domaine de la réalité virtuelle.

Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), la croissance du PIB québécois, à défaut de reculer comme ce fut le cas en 2015, s'est, tout au plus, maintenue dans la moyenne des dix dernières années. Pas de quoi pavoiser!

Sur le plan de l'emploi, c'est un peu la même chose puisque, selon les données de Statistique Canada, la moyenne du taux de chômage sous l'actuel gouvernement actuel se situe à 7,6 %, soit sa valeur moyenne pour la période de dix ans. Le problème c'est que ce gouvernement s'était engagé, en campagne électorale, à créer 250 000 emplois nets au cours de son mandat. Or, rendu à mi-mandat, il n'en a créé que 25 612, à peine 10 % du nombre promis. Il lui faudra donc prier très fort pour arriver à créer les 225 000 emplois manquants en deux ans. 

Au chapitre de l'investissement privé en immobilisations, les données de l'ISQ indiquent que, pour la même période de dix ans, celui-ci se chiffre en moyenne à 37,7 milliards de dollars par année. Autre contreperformance de l'actuel gouvernement, avec 34,9 milliards de dollars par année, le Québec subit un recul de 7 % par rapport à la moyenne de la décennie. Mais où est donc passé l'effet libéral?

Mme Raymonde St-Germain, protectrice du citoyen, nous en donne une bonne idée dans son plus récent rapport annuel, déposé à l'Assemblée nationale le 29 septembre dernier. Appelant le gouvernement Couillard à se préoccuper davantage de l'impact de ses décisions budgétaires sur les services directs offerts aux citoyens, Mme St-Germain concluait que preuve était faite que l'équilibre budgétaire a été atteint au prix d'une réduction des services directs rendus à la population.

Dénonçant les manquements à la qualité des services offerts par l'État, parlant même d'un «déni de services», qui frapperaient de plein fouet les plus vulnérables, la protectrice du citoyen, commentant son rapport, concluait que l'accès aux soins de santé, aux services sociaux et au soutien à domicile se transforme trop souvent en parcours du combattant, conséquence directe du cumul de deux années de dures compressions budgétaires.

En désaccord avec les constats sévères de la protectrice, le premier ministre Philippe Couillard, piqué, rétorquait un peu cavalièrement que «Les discours sur les personnes vulnérables, les discours sur la solidarité, avec des finances publiques déséquilibrées et un endettement chronique, ce n'est que du vent, ça ne veut rien dire pour la population».

Nous estimons pour notre part que ce qui n'est que du vent, ce sont les déclarations à l'emporte-pièce que viennent contredire les données objectives et factuelles. Pour dire vrai, l'effet libéral s'est bel et bien concrétisé... sous forme de mesures d'austérité et de compressions budgétaires à tout vent! 

Denis Hébert

Jean-Claude Landry,

membres de Québec solidaire

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