Le refus d'être

Jean-François Lisée, nouveau chef du Parti québécois.... (La Presse)

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Jean-François Lisée, nouveau chef du Parti québécois.

La Presse

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Le Nouvelliste

«C'est la grande fraude idéologique de la politique contemporaine: marquer au fer rouge de l'intolérance le désir qu'ont les peuples de demeurer eux-mêmes, d'assumer leur identité culturelle et leur droit à la continuité historique. On présente comme du racisme ou de la xénophobie le simple désir de demeurer maître chez soi et de demeurer soi-même.

En fait, on « xénophobise » certaines aspirations humaines aussi légitimes que profondes, comme si la démocratie, pour vraiment s'accomplir, devait purger chaque société de son héritage historique et la dissoudre pour que ne demeure à la fin que des individus déliés et des minorités étrangères les unes aux autres...»

Cet extrait d'un excellent texte de l'analyste Mathieu Bock-Côté publié dans son blogue du 12 octobre est certainement un bon élément de réponse à la lettre farcie d'hypothèses pour le moins surprenantes sinon saugrenues de M. Gagnon de Louiseville le même jour. C'est bien connu: quand on veut tuer son chien fidèle, on l'accuse de la rage... 

Comme ses collègues dans la course à la tête du Parti québécois, le nouveau chef, Jean-François Lisée, respecte l'intelligence de ses compatriotes. C'est donc pourquoi, lui et les autres considèrent comme fondamental d'expliquer clairement et suffisamment les raisons de préférer l'indépendance à la dépendance par rapport aux autres nations, dont la dépendance au royaume du Canada.

Bien sûr, certains sont plus pressés que d'autres, mais c'est une autre question. D'une façon ou d'une autre, tous les Québécois pourront participer à la définition du pays libre qu'ils pourront se donner, en participant à la rédaction de sa première constitution, ce que nous n'avons JAMAIS pu faire en plus de 400 ans, ne l'oublions pas... 

Évidemment, le but des partisans de la République du Québec n'est pas de «faire un référendum», mais de rejoindre, en toute connaissance de cause, les quelque 193 pays qui participent à l'Organisation des Nations Unies et aux divers organismes internationaux qui décident des affaires du monde. Actuellement, d'autres décident à notre place et cela ne peut durer indéfiniment sans que nous tombions dans l'insignifiance et le mépris de nous-mêmes. Or, le référendum est un outil démocratique par excellence, utilisé régulièrement par des pays avancés comme la Suisse pour décider de questions importantes. 

La Norvège, petit pays cinq fois plus petit que le Québec, avec une population moindre, qui figure toujours parmi les plus prospères et les plus heureux au monde, est devenu indépendant de la Suède à la suite d'une décision majoritaire de son parlement en juin 1905. Un référendum confirmait cette décision à plus de 99% deux mois plus tard. 

Il est scandaleux de voir Philippe Couillard diaboliser le référendum comme outil de consultation et prêter des intentions inavouables à des gens qui ont toujours démontré un grand respect de la démocratie. Les Québécois de toutes origines qui forment un peuple dynamique et entreprenant ne peuvent tout simplement pas demeurer dans l'état de sujétion actuel et la peur d'être.

Jean-Luc Dion,

ingénieur et professeur retraité

Trois-Rivières

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