Vivre avec la gale

Le Centre d'hébergement et de soins de longue... (Photo: Francois Gervais)

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Le Centre d'hébergement et de soins de longue durée Roland-Leclerc.

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Le Nouvelliste

Je suis aidante naturelle pour mon conjoint qui réside au centre d'hébergement Roland-Leclerc, le visitant presque tous les jours.

Mon conjoint a été diagnostiqué par un dermatologue le 30 septembre dernier ainsi que d'autres résidents. Ils avaient tous la gale.

Déjà la veille (jeudi) un cas avait été confirmé. Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer la souffrance que ça apporte à une personne quand elle se gratte au sang tellement que ça pique, qu'elle en dort mal la nuit et qu'en surplus son urine surchauffe ses fameuses démangeaisons et que ça dure des mois parfois avant d'être diagnostiqué.

La fin de semaine des 1er et 2 octobre, aucune affiche pour les familles qui venaient visiter les résidents qui n'étaient pas en isolation afin de prévenir la contamination de la gale. C'était la loi du silence! L'information est sortie mardi seulement.

Le traitement sur les résidents a été appliqué mercredi soir... Je suis consciente qu'il y avait beaucoup de choses à mettre en place avant d'agir. Les résidents qui étaient déjà en isolation auraient dû recevoir un traitement aussitôt diagnostiqués, afin d'accélérer le processus de guérison au lieu d'attendre encore cinq jours et les laisser se gratter.

On joue avec la santé des résidents ainsi que leur famille, c'est inacceptable.

Je me suis traitée de façon préventive et j'ai désinfecté ma maison car j'amène mon mari une fin de semaine sur deux, afin de lui donner une meilleure qualité de vie aussi longtemps que j'en serai capable bien entendu.

Dans mon livre à moi, une personne en perte d'autonomie doit être considérée comme le reste de la société, c'est-à-dire un être humain vivant, en mettant l'accent sur ce qui lui reste et non sur ce qui lui manque. La personne a droit à tous les soins comme nous.

Le manque récurrent de personnel fait peur à voir. Les membres du personnel qui travaillent avec une personne en moins et parfois deux sur leur département font bien leur possible mais ne peuvent pas faire toutes les tâches, il faut prioriser les soins essentiels qu'on me dit. 

Le personnel est stressé et épuisé et doit faire du surtemps en plus.

Mes questionnements sont les suivants. Les listes de rappel sont-elles assez longues et bien vérifiées? La communication est-elle assez bonne entre coordonnateurs et employés? Est-ce qu'il y a un manque d'intérêt pour travailler en CHSLD, parce que les cas sont plus lourds? 

Je pense sincèrement que donner du confort, rassurer un résident en mal de vivre est très valorisant car il faut se souvenir qu'ils ont donné beaucoup, eux aussi, avant leur maladie.

Il y a des personnes soucieuses d'aider les résidents en mettant en place des plans de match afin d'essayer d'améliorer la qualité de vie. J'apprécie les efforts qu'on met de ce côté-là.

Des formations additionnelles par des personnes compétentes et expérimentées devraient être obligatoires et payées par l'employeur, afin de comprendre les comportements des résidents atteints cognitivement. Cette formation aiderait sûrement le personnel a mieux gérer les crises afin de ne pas se faire frapper, etc. 

Ma confiance est ébranlée. Je souhaite le meilleur pour les résidents, les familles et les employés à court terme si possible.

Claudette Marchand

Trois-Rivières

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