Un projet qui soulève des craintes

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson.... (Archives La Tribune, Yanick Poisson)

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Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson.

Archives La Tribune, Yanick Poisson

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Le Nouvelliste

Le 19 septembre dernier, à l'assemblée du conseil municipal de Drummondville, nous avons, lors de la période de questions, demandé plus d'informations sur les annonces faites par le maire Cusson au journaliste Yanick Poisson, dans La Tribune du 2 septembre concernant une usine de fabrication de bitume dans le secteur Saint-Nicéphore.

Combien d'emplois cette usine d'hydrocarbures créerait-elle? Le maire ne le sait pas.

Selon la Ville, le ministère de l'Environnement procéderait selon des normes «très» sévères pour protéger l'environnement (l'eau, l'air, le sol) et la santé avant d'émettre son certificat d'autorisation.

À notre question à savoir si les normes du ministère seraient aussi sévères qu'en 2013, (quand ce même ministère a autorisé les opérations du mégadépotoir WM en milieu urbain, à moins de 2 km de la rivière Saint-François), le maire répond qu'il ne faut pas comparer ces deux projets.

Impossible pour les Nicéphorois de ne pas comparer, car cette usine d'asphalte voisinerait le dépotoir qui empoisonne déjà notre air par de nombreux gaz toxiques dont le méthane, un gaz inodore très toxique qui s'échappe à plus de 30 % lors d'opérations, plus les odeurs putrides, plus la contamination de notre eau, notre air, notre sol.

L'affirmation selon laquelle l'usine projetée serait loin des résidences, est totalement fausse. Les résidents proches voisins viennent de l'apprendre, consternés, impuissants. En effet, la Ville a préparé ce projet en hâte et silence, à leur insu. La majorité des Nicéphorois ignorent encore la venue d'exploitation d'hydrocarbures à leur porte.

Une usine de fabrique de bitumineux dégage de fortes odeurs malodorantes ainsi que des fines poussières de silices cristallines causant des problèmes pulmonaires et des cancers. À preuve, l'opération d'une usine de ce type en France, au sud-est de Paris, dans la commune de Fay.

Rien n'est précisé sur les règles imposées à l'exploiteur, sur les technologies et méthodes plus récentes dans ce domaine. Pour limiter les impacts sonores et visuels, on envisage un «mur» pour diminuer les bruits et un paravent pour cacher ces sales opérations (que ça ait l'air propre vu de la rue). 

Quant à l'omission des impacts fortement malodorants ainsi que des fines poussières silicieuses dans l'air, le maire se tourne vers le conseiller Levasseur qui habite proche de Sintra à Saint-Charles et lui demande s'il vit ces inconvénients. Non, répond ce dernier. Cette comparaison ne tient pas la route car Sintra ne fabrique pas de bitumineux, il entrepose seulement gravier, pierres... 

Depuis la fusion de Saint-Nicéphore aux trois autres villes en 2004, l'exploitation du dépotoir rapporte à la Ville 600 000 $/an de redevances. Et voilà que la Ville a transformé en zone industrielle les terrains avoisinant le dépotoir. Après le bitumineux, quelles autres industries sales attendent-ils pour Saint-Nicéphore? Qu'une économie centrée sur l'exploitation de cochonneries, uniquement pour du cash, ne tenant pas compte de l'acceptabilité sociale et des nombreux dangers à la santé. 

Dire que Saint-Nicéphore s'est fusionnée aux trois autres villes pour protéger ses habitants et son territoire et qu'elle se trouve aujourd'hui condamnée par ses élus à n'être qu'un dortoir n'entreposant et ne traitant que des ordures et hydrocarbures. La population de Saint-Nicéphore est ici sacrifiée dans son espérance de vie, sa santé, la dévaluation de ses propriétés. 

La Ville avilit les Nicéphorois, les abaisse. Le maire cherche à ridiculiser les Drummondvillois qui militent pour l'environnement et la santé en les traitant faussement de gens opposés au développement économique de Drummondville, alors que Saint-Nicéphore est ouverte au développement économique, à l'exploitation d'énergies propres. 

Le maire Cusson se joint à d'autres maires francophones, à Beyrouth, du 25 septembre au 1er octobre. Il dit promouvoir les valeurs partagées par ces maires, dont le renforcement de la démocratie locale, tant représentative que participative. Ce sont ces mêmes valeurs que le maire Cusson a bafouées dans le récent dossier d'usine de bitumineux à Saint-Nicéphore.

Henriette Yergeau

Secteur Saint-Nicéphore

Drummondville

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