Être libre c'est d'abord être responsable

Quel enseignement doit-on fournir aux enfants québécois?... (La Presse)

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Quel enseignement doit-on fournir aux enfants québécois?

La Presse

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Le Nouvelliste

Être libre c'est d'abord être responsable. Et être responsable, c'est être capable de donner des réponses qui se rapprochent de la vérité.

Nos enfants sont-ils vraiment notre principale préoccupation d'avenir? De quoi avons-nous le plus besoin en termes de formation pour la jeunesse québécoise et notre société? L'enseignement religieux ou des cultures religieuses?

L'enseignement sur les «choses de la vie» à travers la réalité sexuelle des animaux que nous sommes? L'enseignement sur la bienséance et la morale, c'est-à-dire sur le respect de chacun? L'enseignement sur la plus basse des vertus selon André Comte-Sponville, c'est-à-dire la politesse? Je cherche...

S'il est exact que le gouvernement de M. Couillard se préoccupe de rehausser l'enseignement et la vocation des maîtres d'école auprès de la jeunesse du Québec, il est certain qu'un grand coup de barre idéologique et monétaire devra se donner, car le résultat des efforts faits avec vigilance par nos professeurs actuels demande un raffinement que même celles et ceux qui exercent la profession réclament depuis des décennies. Il faut ressusciter la source vitale.

L'école de la vie nous a tous enseigné qu'entre la théorie et la pratique, de grands espaces d'incompréhension se formaient en bout de ligne; des écarts financiers entre les gens, certes, créaient des disproportions difficiles à concilier avec des voeux d'égalité et de respect de chacun. 

Mais au-delà du simple facteur «argent», le respect à accorder aux plus humbles, aux moins doués de nous tous, pourrait-il se forger et s'organiser dès l'enseignement du primaire et du secondaire par des adultes signifiants, c'est-à-dire par nos maîtres d'école?

Nous le savons tous parce que nous le constatons tous: les religions ne règlent pas par leurs dogmes ou leurs commandements la vie belle pour tous. 

Ni la charité chrétienne ni aucune vertu théologale ou religieuse n'ont permis l'érection d'une juste société; elle est toujours à construire depuis des millénaires. Et pourtant, si l'enseignement du «aime ton prochain comme toi-même» s'était réalisé, la société juste serait effectivement plus belle que la plus belle des sociétés actuelles. Sommes-nous au Québec cette société paradisiaque ? 

Du moins, sommes-nous au Québec cette société où la justice, le respect, l'harmonie relationnelle au travail comme en famille font loi? Où l'égalité des chances pour tous, malgré l'imperfection de chacun, vient aplanir nos sources de désaccord, de malveillance et de méchanceté? Savons-nous aimer?

La condition humaine sur cette planète est à constamment ériger au mieux, alors qu'elle joue constamment avec le pire; une amélioration ici nous fait découvrir plusieurs lieux dépravés pour que justice se fasse envers la multitude.

Si l'on veut que le passé soit garant d'un avenir meilleur, il faut savoir dire non à un passé réducteur et dire oui à un présent meilleur. L'humanité le demande et nous sommes cette humanité qui veut adoucir ses douleurs. Osons dire non à l'incurie, dire non à l'imposteur, dire oui à ce «Aime ton prochain comme toi-même». Savoir aimer commence par soi-même.

Serons-nous collectivement assez humbles et moins cupides pour créer ce monde et cet avenir qui rira vraiment plus et qui pleurera vraiment moins?

L'évolution d'une société est lente, très lente ; pourtant, parfois elle fait de grands bonds par en avant, mais souvent elle régresse insidieusement sous la puissance de dogmes soumis et imposés par des leaders charismatiques qui, par leurs vues et leur intransigeance, font loi. Erreur: aucun leader n'est dieu.

En terminant, voici une citation tirée de l'ouvrage intitulé L'impossible dialogue entre sciences et religions, par Yves Gingras: «Les conflits historiques entre la science et la religion - qui sont indéniables - relèvent toujours d'une lutte de pouvoir entre groupes et institutions aux intérêts divergents ou même opposés.»

Quand on cherche la vérité, une hypothèse devient vraie par une preuve à l'appui et non par le don de la foi.

François Champoux

Trois-Rivières 

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