Suicide, service public?

En réaction à la lettre de

Agrandir

Archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de Gérard Marier intitulée «Aide médicale à mourir: que choisir?», publiée dans notre édition du 24 septembre dernier.

Y'a que ça, la mort?

- Non, il y a la vie aussi, son contraire.

J'ai lu et relu le commentaire de l'abbé Gérard Marier paru dans Le Nouvelliste de samedi le 24 septembre et intitulé «Aide médicale à mourir: que choisir?»

Il s'agit là, bien sûr, de propos touchants émis par une personne ayant la foi. Et, bien sûr encore, la foi fait en sorte de changer, comme qui dirait, la perspective.

Je ne suis pas athée; simplement agnostique, c'est-à-dire refusant de me poser des questions métaphysiques mais comprenant qu'il y a, ici-bas, un mystère et pouvant également être porté - pour faire de l'humour grinçant - à poser la question de Samuel Beckett: «Mais que foutait Dieu avant la Création?»

L'abbé Gérard Marier croit dur comme fer et nous annonce, comme tant d'autres, qu'après la mort, une naissance dans l'ailleurs nous attend. Tant mieux!

La mourante ou le mourant aura, croit l'abbé, douceur de se souvenir des épreuves de sa vie; de se souvenir de «ce qui fut dur à supporter» au cours de son existence; cela selon, en tout cas, ce qu'en pensait le grand Sénèque qu'il nous cite.

Eh bien, dans nos sociétés, nous en sommes majoritairement arrivés à penser - et à croire - qu'il est indigne de souffrir, indigne de surcroit, de voir la maladie nous réduire à l'état de légume.

Dans une «joyeuse» chanson sur ce sujet qui date de plus de vingt ans, Plume Latraverse disait entre autres: pense à l'hôpital, y'serait normal que j'laisse ma place à des moins pires; quand l'heure de mourir avant de pourrir est inversée sur le cadran, débranchez tout les p'tits enfants; j'veux pas que votre oeil voit mon cercueil de mon vivant; c'pas beau à r'garder un macchabée qui prend son temps; quand ça fait trop mal, ferme le canal qu'on en finisse en beauté au lieu de laisser ça traîner; c'est la moindre des choses qu'on se repose quand vient le temps, tant qu'à rester là comme de p'tits tas d'emmerdement... 

Donc, c'est bien ou mal l'euthanasie (parce qu'il faut bien appeler les choses par leur nom)? En tout cas, une recension m'indiquait l'autre jour que dans des journaux canadiens-anglais, on en était arrivés à dire qu'en quelque sorte, le suicide est devenu un «service public»!

Allez, on mourra tous! Et peut-être aurons-nous à la bouche ce beau mot que le Romain généreux dit en expirant et qu'un jour un écrit de Jules Michelet m'a permis d'apprendre: «Ce qui me reste, c'est ce que j'ai donné»...

Réjean Martin

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer