• Le Nouvelliste > 
  • Opinions 
  • Le fédéral doit aller plus loin avec les travailleurs étrangers temporaires 

Le fédéral doit aller plus loin avec les travailleurs étrangers temporaires

Les travailleurs étrangers temporaires demeurent indispensables au fonctionnement... (Le Quotidien)

Agrandir

Les travailleurs étrangers temporaires demeurent indispensables au fonctionnement des entreprises qui les embauchent.

Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

L'auteur, Stéphane Forget, est président-directeur général intérimaire de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Les nouvelles dispositions du Programme des travailleurs étrangers temporaires, qui s'appliquent au Québec depuis le 30 avril 2015, ont pour objectif de restreindre le nombre de travailleurs étrangers, sans avoir fait la démonstration d'un réel besoin quant à ce resserrement. Les entreprises ayant recours au Programme sont inquiètes, car celui-ci ne leur fournit aucune alternative pour combler plus facilement leurs postes vacants. Au contraire, le programme limite leur capacité à répondre à la demande des clients. 

Face aux conséquences néfastes de l'application du Programme, le gouvernement du Canada a entrepris de le revoir et a confié le mandat de son examen à un comité parlementaire permanent. Celui-ci vient de déposer son rapport, qui va dans la bonne direction, mais qui demeure tout de même timide sur de nombreux aspects. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) demande au gouvernement d'aller de l'avant avec des amendements substantiels au programme, en allant au-delà des recommandations du comité parlementaire.

Dans l'ensemble des régions et dans plusieurs secteurs d'activités, les employeurs du Québec sont aux prises avec de sévères difficultés de recrutement. Pour pallier cette situation, certaines doivent envisager de recruter ailleurs dans le monde. En outre, avec le temps, plusieurs travailleurs étrangers s'installent définitivement au Québec pour exercer leur profession, ce qui permet d'atténuer les effets du vieillissement de la main-d'oeuvre et fait du Programme un élément important de la politique d'immigration. Le gouvernement du Québec a d'ailleurs fait de la rétention des immigrants temporaires l'une de ses priorités dans le cadre de la plus récente Politique québécoise en matière d'immigration, de participation et d'inclusion.

Les difficultés de recrutement touchent toutes les catégories de main-d'oeuvre. De nombreux employeurs des secteurs de l'hébergement, des services de restauration, du commerce de détail, du secteur agricole et du traitement des aliments doivent faire appel à des travailleurs temporaires étrangers pour combler leurs postes vacants devant le manque de candidats du Québec. Des employés plus spécialisés sont également recherchés pour combler des besoins biens précis dans certains secteurs.

Les travailleurs étrangers temporaires demeurent indispensables au fonctionnement des entreprises qui les embauchent. En fait, les dispositions restrictives du Programme ne mettent pas seulement ces emplois temporaires en péril, mais menacent plus largement l'emploi des Québécois qui travaillent dans ces mêmes entreprises.

Alors que sévit une «guerre des talents» entre les organisations à l'échelle mondiale, il nous apparaît tout à fait paradoxal de limiter à tout prix le nombre de travailleurs temporaires étrangers désirant faire bénéficier les entreprises québécoises de leurs compétences. Au contraire, nous considérons que le Canada et le Québec devraient plutôt tirer avantage du fait qu'un nombre sans précédent de personnes, à travers le monde, souhaitent acquérir des expériences dans des milieux de travail à l'étranger. Il s'agit pour nous d'un moyen efficace pour créer un effet de levier sur l'emploi des Canadiens et des Québécois.

Nous invitons le gouvernement du Canada à aller de l'avant avec des amendements substantiels au programme pour faciliter et accélérer l'embauche des travailleurs étrangers temporaires afin que ce Programme redevienne un outil de développement économique, plutôt que de constituer un obstacle à la compétitivité des entreprises.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer