Athées et agnostiques doivent aussi être acceptés

Michel Virard... (Photo: Francois Gervais)

Agrandir

Michel Virard

Photo: Francois Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

L'auteur, Michel Virard, est président de l'Association humaniste du Québec. Il réagit ici à l'opinion de Mme Hélène Arseneault intitulée «Laissez-nous croire en paix!», publiée dans notre édition du 16 septembre dernier.

Dans sa lettre du 16 septembre, Mme Hélène Arseneault s'en prend à la fois à Madame Andréa Richard et à l'Association humaniste du Québec (AHQ). Il est parfaitement exact que plusieurs membres de l'AHQ ont contribué au livre collectif La face cachée du cours ECR, mais pas seulement. Il y a aussi des croyants, quoique pas nécessairement des «pratiquants» rigoureux. 

Ce qui n'est pas le point le plus important. 

Ce qui est important, c'est de distinguer les intentions proclamées du ministère de l'Éducation définies en 2008 et la réalité de la pratique du cours ECR en 2015-2016. 

Mme Arseneault dit elle-même «qu'elle ignore les sortes d'études qu'ont faites nos compères». Je peux l'aider à y voir plus clair. Dans les quatorze coauteurs de cet essai, on trouve des gens qui ont fait des études avancées (PhD, maîtrises, baccalauréats), en philosophie, anthropologie, sociologie, éducation, etc. 

Avant de critiquer un ouvrage qui a demandé plus de quinze mois de recueil de témoignages, d'analyse de manuels scolaires (plus de vingt) et d'enquête, il serait de la moindre politesse de l'avoir lu, ce qui ne semble pas être le cas de Mme Arseneault. 

Si le désir de Mme Arseneault est que l'enseignement public pousse les enfants du Québec à devenir des croyants au surnaturel, qu'elle le dise clairement. 

Nous verrons si cela est l'intention d'une majorité de Québécois, lesquels ont déjà décidé, il y a plus de cinquante ans, que ce n'était plus la responsabilité de l'enseignement public.

Mme Arseneault désire qu'on la laisse «vivre et croire en paix». Bizarrement, nous, les athées et agnostiques du Québec, avons exactement le même désir. 

Mme Arseneault «ne voit pas comment, en 2016, la religion catholique peut nous déranger». Manifestement, Mme Arseneault ne connaît pas, ou ne veut pas reconnaître, les multiples avantages et privilèges que les différents clergés, au premier chef le clergé catholique, ont conservé discrètement, et qui, naturellement, sont souvent financés par l'ensemble des contribuables. 

Le cours ECR est financé par tous mais n'enseigne que six points de vue religieux et malheureusement dans leur forme la plus intégriste. 

Le cours ECR n'enseigne rien des différents points de vue athées ou agnostiques actuellement présents au Québec. La philosophie humaniste, y compris sa dimension spirituelle, pourtant riche de plusieurs siècles, est complètement occultée dans ce cours. 

De plus, le volet Culture religieuse du cours ECR, tel qu'enseigné ici et maintenant, contredit directement tout ce que les élèves auront à apprendre de la pensée critique, une compétence préalable à toute étude le moindrement scientifique. 

Ce cours ECR devrait s'appeler Éthique et Crédulité Reposante. 

Les humanistes séculiers du Québec ne veulent pas simplement être «tolérés», mais acceptés comme membres à part entière de la société. Ce qui ne semble pas être le cas encore aujourd'hui.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer