L'effet pervers du procès des quatre policiers

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Sur cette photo tirée de la vidéo captée par le système de surveillance du pavillon des sciences du Cégep de Trois-Rivières, on voit Alexis Vadeboncoeur couché au sol, les bras en croix, attendant l'arrivée des policiers.

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Le Nouvelliste

Enfin nous entrons dans le vif du sujet au procès des quatre policiers pour l'arrestation pour le moins musclée (quasiment des voies de fait) qui s'est déroulée au Cégep de Trois-Rivières.

Après une semaine à avoir vu les quatre avocats s'acharner à tour de rôle sur les agissements de la victime concernant des événements antérieurs à l'accusation, qui se sont déroulés à trois coins de rues du pavillon des Sciences, la Couronne nous ramène finalement au coeur de la cause pour laquelle les policiers sont accusés: l'arrestation proprement dite. 

Vendredi dernier, les avocats sont même remontés jusqu'à un autre «événement musclé» perpétré, cette fois, au Mexique. Pour demeurer dans le sujet des agissements des policiers québécois, est-ce que leurs avocats ont amené ce sujet pour suggérer que les policiers trifluviens avaient décidé d'imiter leurs confrères du sud? J'en doute.

Cette fois j'ai bien hâte de voir le type de questions que les avocats de la défense vont poser tant à la victime qu'aux quatre policiers pour impliquer que monsieur Vadeboncoeur a résisté à son arrestation. On peut dire que la vidéo lui sera très utile comme preuve objective des événements puisque les policiers ont falsifié les rapports qu'ils ont écrits.

Ce que je déplore le plus dans les interrogatoires de la semaine passée, c'est qu'en ayant fait passer la victime pour quelqu'un de non fiable, etc., les avocats aient pu décourager des personnes (je pense ici à des personnes violentées) à porter plainte lorsqu'un agresseur les aurait assaillies.

Toutes ces questions sur des événements antérieurs à la cause elle-même, ont montré jusqu'à quel point il est difficile d'être une victime face à des avocats aguerris. Et, lors d'une agression, il y a rarement des vidéos pour corroborer les dires de l'agressé(e). 

Malheureusement, je soupçonne que la majorité des gens vulnérables ne voudront jamais subir de tels interrogatoires et, ayant vu ce qui s'est déroulé la semaine dernière à Trois-Rivières, préféreront se taire plutôt que de subir une remise en cause de la part de la défense impliquant leur crédibilité et, possiblement, leur vie.

Marie-Andrée Groarke

Trois-Rivières

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