Composition du C.A de l'UQTR: confusion des genres

Au cours des dernières années, le conseil d'administration... (Olivier Croteau)

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Au cours des dernières années, le conseil d'administration de l'UQTR a attiré l'attention médiatique.

Olivier Croteau

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Le Nouvelliste

Représentant syndical. Non. Deux chapeaux. Il y a nécessairement un conflit d'intérêts. On peut porter deux chapeaux, mais en dessous, il y a un seul cerveau et un centre d'intérêts dominant dont on ne peut pas se dissocier à moins d'être schizophrène.

Madame la ministre, dans votre réflexion sur la situation à l'UQTR, je souhaite que vous preniez en considération mes commentaires.

Au cours des dernières années, le conseil d'administration de l'UQTR a attiré l'attention médiatique. Le Vérificateur général du Québec a publié un rapport dévastateur qui décrit les pratiques déviantes de ce groupe d'administrateurs.

Mais qu'en est-il de ce groupe et qui sont les personnes qui le composent?

En consultant le site web de l'UQTR, on constate que le C.A est composé de personnes du milieu universitaire: cadres, professeurs, étudiants, diplômés, ainsi que de représentants de la communauté.

Une partie des administrateurs qui sont en poste présentement ont été blâmés par le Vérificateur général du Québec. 

Comme citoyen, je me pose différentes questions. 

Comment se fait-il que ces personnes sont maintenues en poste après avoir été publiquement visées pour avoir cautionné le fractionnement de contrats dans le projet du Campus universitaire de Drummondville?

Et par quel processus questionnable des syndiqués siègent-ils au C.A et au comité exécutif de l'université? 

Comment une personne syndiquée peut elle s'associer a des administrateurs qui «n'ont pas respecté le Règlement sur l'éthique et la déontologie des administrateurs publics» comme en témoigne le rapport du Vérificateur général du Québec? C'est vraiment le mélange des genres.

Dans une institution publique, il y a une pratique habituelle qui veut que les syndicats observent les décisions des administrateurs en siégeant au conseil d'administration de l'institution.

Le mode d'observation permet de recevoir de l'information en temps réel. Mais de là à se retrouver à prendre part activement aux décisions qui touchent gravement et négativement des salariés ou des cadres, il y a une marge qu'il ne faut pas franchir.

Comment un syndiqué peut-il se retrouver à gérer le business du patron tout en gardant une distance raisonnable du pouvoir?

Comment un syndiqué peut-il justifier son implication lorsque le comité exécutif fait des coupes de postes ou congédie des employés syndiqués ou des employés cadres comme dans le cas des cinq hommes de métiers qui ont perdu leurs emplois juste avant Noël 2015 et dans les cas très médiatisés de messieurs Gélinas et Fournier?

Comment un syndiqué peut- il avoir le sentiment du devoir accompli quand en bout de route, des salariés, peu importe leur statut, se retrouvent à la rue et que leurs familles en subissent les graves conséquences? Surtout dans les cas de messieurs Gélinas et Fournier dont la vie privée est gérée en public à la suite de leur congédiement. 

Les syndicats sont souvent en première ligne pour dénoncer les injustices et la mauvaise administration de nos milieux de travail et pour lancer des alertes et disposent d'une liberté d'expression qu'ils peuvent exercer dans le cadre de l'accomplissement de leurs missions pour exprimer leurs opinions ou présenter des revendications auprès de l'employeur. De toute évidence, messieurs Gélinas et Fournier ne bénéficient pas de cette protection et ils en paient le prix.

En terminant, je vous invite à relire le code d'éthique du Syndicat canadien de la fonction publique et je cite: «Nous nous interdisons de nous placer dans une situation qui nous rendrait redevables à quiconque ou qui serait susceptible d'influencer indûment nos décisions et nos actions.»

Bonne réflexion!

Jean F. Hamel

Trois-Rivières

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