Des bénévoles pour nous remplacer: un mauvais choix de gestion

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Le Nouvelliste

Les auteurs sont sept employés et ex-employés de Culture Shawinigan. Ils réagissent à la décision de l'organisme de remplacer certains salariés par des bénévoles.

À la suite de la controverse qu'a engendrée la décision de Culture Shawinigan de remplacer ses placiers et préposés à l'accueil par des bénévoles, nous avons décidé de prendre parole à notre tour, puisque nous déplorons cette mesure ainsi que les faussetés qui circulent, et aussi parce que nous sommes les principaux intéressés. En effet, nous sommes plusieurs employés et ex-employés de Culture Shawinigan qui occupaient les postes coupés.

Nous sommes des jeunes et presque en totalité des étudiants. Certains d'entre nous avaient quitté leur emploi peu avant cette nouvelle, et l'avaient fait à contrecoeur, puisque nous faisions partie d'une superbe équipe et aimions beaucoup notre travail. Mais malheureusement, le salaire minimum accompagné d'un nombre d'heures très minime (moins de 8 heures par semaine) ne suffisait pas aux besoins de tous. D'autres occupaient toujours leur poste avant qu'on ne les congédie. 

Oui, on parle bel et bien de congédiement. Dans la lettre de Bryan Perreault pour réagir à l'éditorial de Martin Francoeur, il stipule que Culture Shawinigan gardera «le même personnel étudiant pour la prochaine année, mais que ceux-ci seront affectés à d'autres tâches qui conviennent mieux à l'organisation, notamment dans le développement en arts numériques». Or, ce n'est pas tout à fait le cas. Tous les employés qui travaillaient toujours comme placiers, préposés à l'accueil, au bar, au vestiaire ou à la vente de produits promotionnels des artistes, ont tous été mis à la porte. Si nous voulions continuer à travailler pour Culture Shawinigan, nous devions repasser par toutes les procédures d'embauche, c'est-à-dire soumettre de nouveau notre curriculum vitae et passer une entrevue. Quelques-uns d'entre nous ont donc été réengagés, alors que les autres étudiants se retrouvent sans emploi, n'ayant eu aucun préavis, et ce, en début d'année scolaire. 

Par ailleurs, le fait de remplacer de jeunes employés par des bénévoles nous attriste beaucoup, et pas seulement parce que nous en sommes personnellement visés. En tant qu'organisation culturelle, dont l'une des principales missions est de promouvoir la culture, le fait de supprimer des postes de travailleurs culturels va à l'encontre de cette mission. Sans ces employés, il n'y a pas de spectacle, autant que s'il n'y avait pas d'éclairagiste ou de régisseur. De plus, ce sont des emplois qui sont en lien direct avec l'expérience du client. Si les gens qui viennent assister à un spectacle en ressortent heureux et ont l'envie de revenir voir d'autres spectacles, c'est en très grande partie parce qu'ils ont été bien servis. Vous comprendrez qu'il est plus que primordial que les gens aient envie de revenir, et que pour assurer une très bonne qualité des services ainsi qu'une stabilité, il se doit d'y avoir rémunération. 

Supprimer ces emplois pour économiser la modique somme de 7000 $, c'est non seulement un mauvais choix de gestion, car ces emplois représentent peu d'argent investi et assurent la qualité et la sécurité d'une salle de spectacle, mais c'est également enlever la chance à des jeunes d'avoir un accès rapproché à la culture, d'être plus conscientisés à l'importance de l'art dans nos sociétés. Pour plusieurs, c'est aussi l'occasion d'avoir un premier emploi qui est formateur, enrichissant et qui paraît très bien dans un CV.

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