Ramener le bon sens au CA de l'UQTR

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Une action de la ministre Hélène David est espérée pour rétablir la crédibilité et la réputation de l'UQTR.

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Le Nouvelliste

L'éditorialiste du Nouvelliste, Martin Francoeur, a tout à fait raison d'interpeller la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, pour que le gouvernement intervienne afin de ramener le bon sens au conseil d'administration de l'UQTR.

Son appel reflète bien les interrogations de nombreuses personnes sur les ornières de l'injustice et de l'intransigeance dans lesquelles s'enfonce ce CA.

En effet, il est particulièrement troublant de constater que plusieurs membres qui faisaient partie de ce CA blâmé sévèrement par la Vérificatrice générale du Québec pour ne pas avoir assumé pleinement son rôle de gouvernance, continuent de s'acharner contre Alain Fournier et Martin Gélinas qui ont sonné l'alarme aussi bien à l'interne qu'à l'externe pour signaler des actes répréhensibles posés par des dirigeants qui ont eux-mêmes été montrés du doigt par la Vérificatrice générale du Québec.

Ces membres faisaient partie du CA qui a congédié Alain Fournier et Martin Gélinas. Ils ont participé au refus de l'entente conclue de bonne foi entre Alain Fournier et le recteur ainsi que le vice-recteur aux ressources humaines.

Ces membres faisaient partie du CA qui a rejeté les conclusions du comité d'éthique et de déontologie qui avait conclu à la gravité des allégations selon lesquelles l'ex-rectrice aurait contrevenu au code d'éthique et de déontologie et se serait placée en situation de conflit d'intérêts dans le cadre du renouvellement et du transfert de la chaire de recherche dont elle était titulaire (Rapport VGQ, mai 2015, p. 30).

Ces membres faisaient aussi partie du CA qui a accordé un poste de professeure régulière permanente à l'ex-rectrice après que le ministre eut exigé sa démission.

Ces membres font partie du CA qui n'a aucunement sanctionné la personne responsable selon la VGQ d'avoir fractionné des contrats dans la gestion du projet de construction d'un campus à Drummondville, de ne pas avoir assurer un traitement équitable des concurrents lors d'un appel d'offres public et de ne pas avoir pris les moyens nécessaires afin d'éliminer toute apparence de favoritisme.

La ministre responsable de l'Enseignement supérieur devrait se questionner sur les motifs profonds qui animent un CA lorsqu'ils congédient les cadres qui ont sonné l'alarme pour que cessent des conduites qui vont à l'encontre de la loi et de l'éthique et lorsqu'ils protègent les dirigeants dont les actions ont été jugées sévèrement par la VGQ.

La ministre devrait aussi se questionner sur la capacité réelle des membres internes du CA d'éviter d'être en conflit d'intérêts lorsqu'ils sont appelés à juger de la conduite trouble de leurs dirigeants alors que ces derniers exercent des pouvoirs qui peuvent toujours affecter leur destin personnel ou celui de leur secteur. Elle aurait peut-être intérêt à ranimer les projets de lois sur la gouvernance universitaire et de considérer sérieusement le commentaire de la VGQ sur «le manque d'indépendance des conseils d'administration» des universités.

Mais, de façon urgente, la ministre devrait intervenir, comme le rappellent aussi bien le député Martel que l'éditorialiste du Nouvelliste, pour que cesse l'effet dissuasif des procédures en cours sur d'autres personnes qui pourraient aussi vouloir dénoncer des irrégularités, à l'UQTR ou ailleurs. La situation actuelle vécue par les cadres congédiés à la suite de divulgation 

d'irrégularités, à des instances internes ou externes, illustre bien que les lanceurs d'alerte n'ont aucune protection et qu'ils subissent une sanction injuste et inhumaine.

Nous espérons que la ministre, Mme David, prendra avec courage la décision qui s'impose pour rétablir la crédibilité et la réputation de cette magnifique institution qu'est l'UQTR.

René Paul Fournier

ex-vice recteur à l'enseignement et à la recherche à l'UQTR (2002-2007)

Yves Gabias

retraité, ex-directeur du Service de l'équipement

Normand Shaffer

retraité, registraire de l'UQTR 2007-2013 et président de l'Association des cadres de l'UQTR (2009-2013)

Rémi Tremblay

adjoint au vice-recteur académique (1999-2013)

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