Le réel coût de la fluoration

Trois-Rivières devrait s'inspirer de plusieurs villes du Québec... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Trois-Rivières devrait s'inspirer de plusieurs villes du Québec comme, entre autres, Bécancour, Québec, Lévis, Richmond, Shawinigan, et enfin admettre que la fluoration de notre eau n'est pas la solution.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Le 7 février dernier, le conseil de ville de Calgary a voté à 10 contre 3 une résolution mettant fin au programme de fluoration. En plus d'être considéré comme étant immoral et contraire à l'éthique par les élus, le programme coûtait à la ville plus de 750 000 $ annuellement.

Les coûts, pour Trois-Rivières, ne seront pas si différents. Pour les 135 054 habitants, la fluoration coûtera plus de 300 000 $ annuellement. À ces coûts s'ajoutent plusieurs dépenses récurrentes.

Les salaires et les équipements de protection individuels sont de bons exemples. Il ne faut pas oublier, non plus, que le fluor est un produit chimique corrosif qui endommage les canalisations en plus de contenir divers contaminants (comme des métaux lourds par exemple) et qui augmente l'acidité de l'eau. Des travaux additionnels d'assainissement de l'eau et d'entretien des canalisations seront nécessaires.

Les militants en faveur de la fluoration acclament haut et fort que cette dernière est la «solution» la plus économique. Vous aurez compris que tout ce qui les intéresse c'est le gros signe de piastre au bout de la colonne sans regarder plus loin.

Sur une période de dix ans, il ne serait pas étonnant que la fluoration nous ait coûté plus de 15 millions $ en tout et partout. Cet argent pourrait être dépensé à bien meilleur escient. Il pourrait être utilisé pour offrir de meilleurs services aux citoyens. Après tout, aussi bien avoir un retour sur investissement lorsque nos taxes augmentent.

Mais voilà, ce n'est pas tout. Nos élus minimisent les effets sur la santé et essaient de nous en passer une en affirmant que la fluoration de l'eau potable est «sans aucun danger». Pourtant, le fluor est reconnu par la communauté scientifique pour causer la fluorose dentaire, la fluorose osseuse et l'ostéosarcome (cancer des os principalement retrouvé chez les enfants).

Nous savons aussi aujourd'hui que le fluor atteint les capacités neurologiques (Harvard 2012) et la glande thyroïde (Kent 2016). Minimiser ainsi les effets sur la santé constitue un sérieux préjudice.

Le fluor n'est pas inoffensif. Le Rapport sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé effectuée par Santé Canada entre 2007 et 2009 examine les niveaux d'atteintes de la fluorose dentaire chez les enfants qui consomment de l'eau fluorée.

Les statistiques sont alarmantes: 12 % ont une fluorose légère, 4,4 % ont une fluorose modérée et 0,3 % ont une fluorose grave. Au total, près de deux enfants sur dix sont touchés de manière significative. Les effets négatifs du fluor sont également ressentis chez les bébés, chez les personnes ayant des problèmes de reins ou de foie et chez les animaux de compagnie.

La fluorose dentaire, qu'est-ce que c'est? C'est une maladie qui est bien connue des autorités sanitaires et qui est caractérisée par une surconsommation ou plutôt une intoxication au fluor sur une période prolongée.

Au lieu de renforcer les dents et les protéger contre des caries, le fluor qui est présent en trop grande quantité dans l'organisme produit l'effet inverse. Des taches brunes apparaissent, puis l'émail s'abîme et finalement, les dents se gâtent et se brisent. Si le fluor produit cet effet sur les dents, imaginez ce que l'on ne voit pas à l'intérieur.

La ville de Prince George en Colombie-Britannique a, comme Trois-Rivières, fluoré son eau pendant plusieurs années. En 2014, les citoyens ont déposé un recours collectif contre la Ville, exigeant des dommages et intérêts pour couvrir les frais encourus par la fluorose dentaire.

Un mois plus tard, les conseillers municipaux mettaient fin au programme de fluoration. Ce n'est pas le premier ni le dernier recours collectif visant la fluoration.

Lorsqu'on regarde le niveau d'acceptabilité sociale et le manque de transparence de la mairie, la question n'est pas de savoir s'il y aura un recours collectif à Trois-Rivières, c'est plutôt de savoir quand il aura lieu. La santé, ça n'a pas de prix.

Trois-Rivières devrait s'inspirer des villes de Bécancour, Québec, Lévis, Richmond, Shawinigan, Gatineau, Longueuil, Laval, La Prairie, Mont-Joli, Fermont, Verchères, Longueuil, Blainville, Boisbriand, Sainte-Thérèse et Beaupré (pour ne nommer que celles-ci) et enfin admettre que la fluoration de notre eau n'est pas la solution.

David L. Simard

Conseiller en prévention, conseiller en protection publique et citoyen

Trois-Rivières

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