Au diable le français

Nous avons la loi 101, l'Office de la langue française, la majorité... (Stéphane Lessard)

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Stéphane Lessard

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Le Nouvelliste

Nous avons la loi 101, l'Office de la langue française, la majorité francophone, des programmes de francisation, des politiciens aux discours flamboyants, des enseignants qui peinent à écrire le français correctement et... des bureaucrates qui font leur possible pour détruire notre langue avec l'appui des gouvernements successifs.

Lorsque nous parlions «joual» autrefois, nous avions quand même le bon sens d'appeler un hôpital un ... «hapital». 

Puis c'est devenu un centre hospitalier, périphrase inutile pour remplacer le mot hôpital. D'ailleurs, nos maisons sont souvent des centres hospitaliers puisqu'on y pratique l'hospitalité. 

Mais les bureaucrates ne devaient pas s'arrêter là. Un hôpital est devenu un CIUSSS-MCQ-CHAUR. Avez-vous déjà entendu quelqu'un dire qu'il s'en va au CIUSSS-MCQ-CHAUR? Moi pas. On se rend à l'hôpital de Louiseville, à l'hôpital Sainte-Marie, à l'hôpital de Trois-Rivières, etc...

Pourquoi cette rage d'acronymes ridicules? Pourquoi les médias et les entreprises funéraires sont-ils complices de cette folie?Pourquoi n'écrivent-ils pas simplement le mot hôpital dans leurs articles ou dans la nécrologie? 

D'ailleurs, j'ignore toujours ce que signifie l'acronyme CIUSSS-MCQ-CHAUR. Mais j'ai vu pire. Connaissez-vous le MDDELCC? Après de patientes recherches, j'ai appris qu'il s'agissait du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Je me sens déjà plus instruit. Et je ne parle pas du CHUM, CHUQ et de tous les autres CH. 

Si d'autres services sont dispensés dans un hôpital, tels certains services sociaux par exemple, qu'on l'annonce tout simplement. N'ayez crainte, les gens sauront qu'ils pourront obtenir tels services à l'hôpital. 

Pas besoin de locutions folles, de langages télégraphiques ou d'acronymes incompréhensibles et ridicules. 

Entre temps, pendant que le français s'en va chez le diable, pendant qu'on refuse d'utiliser un mot français pour parler d'un hôpital, d'un ministère, d'une chambre de commerce, les dirigeants de la SSJB, pardon, de la Société Saint-Jean Baptiste font de la politique et donnent dans le mensonge mythologique en glorifiant les faux patriotes comme Groulx et Papineau. 

Aucun respect pour le français ces gens et le diable jubile puisqu'après avoir perdu nos valeurs, voilà qu'on perd notre langue.

Serge Gagnon

Louiseville

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