Oui, je l'avoue, je suis cheap

Bryan Perreault... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Bryan Perreault

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

L'auteur, Bryan Perreault, est directeur général et artistique de Culture Shawinigan. Il réagit ici à l'éditorial de Martin Francoeur intitulé «Les bénévoles de la sous-traitance», publié le 15 septembre dernier. 

Dans son éditorial du 15 septembre dernier, l'éditorialiste Martin Francoeur suggérait que la mise sur pied d'un comité de bénévoles afin de tenir le rôle de placiers dans nos deux salles de spectacle représentait des économies de bout de chandelle et que, conséquemment, notre décision était «cheap».

En tant que directeur général et artistique de Culture Shawinigan, j'avoue être l'instigateur de cette nouvelle politique, déjà présente partout au Québec, qui me vaut le titre d'Harpagon de la farce.

Devant cette accusation de séraphinage aiguë, je me pose la question: dois-je réellement travailler à économiser dans ma gestion pour Culture Shawinigan alors que je gère l'argent des contribuables? Après tout, le peuple a beaucoup d'argent et tous sont contents lorsque se présente une hausse de taxes! Je me trompe? Mais oui, j'ironise. 

Sous ma gouverne, Culture Shawinigan qui n'avait pas fait de profit sur la diffusion des spectacles pendant dix ans compte cette année un excédant de 76 931 $, et ce, en coupant un poste en communication, en éliminant les irritants frais téléphoniques et en charcutant 50 000 $ de notre budget de promotion.

Notre carte privilège, dont les ventes stagnaient depuis des années sous la barre des 80 membres explose cette année avec 660 membres actifs! Faire mieux avec moins, en effet, c'est «cheap»! 

Notre entente de développement culturel dépasse maintenant les 500 000 $ annuellement, contre 80 000 $ auparavant, et chaque projet que nous gérons, chaque piécette de cette précieuse cassette ira dans le développement culturel afin que Shawinigan récolte tous les bénéfices de ces investissements. Oui, il y a un nouveau Ebenezer Scrooge en ville et personne n'aura de cadeau. Chez nous, pas de Tartuffe. 

Pour ma part, je prends très au sérieux la gestion de l'argent des contribuables parce que souvent la culture n'a pas bonne presse et qu'elle est injustement caractérisée comme une vulgaire dépense, alors qu'elle est un investissement rentable!

Confiant dans ma gestion stricte, je vous annonce que d'autres économies de bout de chandelle seront réalisées dans les prochaines années. C'est grâce à toutes ces économies, placées les unes sous les autres dans nos redditions de compte, que nous sommes aujourd'hui plus performants. 

Je fais ici une parenthèse pour vous dire que nous garderons le même personnel étudiant pour la prochaine année, mais que ceux-ci seront affectés à d'autres tâches qui conviennent mieux à l'organisation, notamment dans notre développement en arts numériques.

Mais ceci, vous ne pouviez pas le savoir puisque l'éditorialiste ne m'a pas téléphoné pour me demander des précisions sur cette nouvelle politique. J'endosse volontiers la caricature du «cheap» de service, mais vous renvoie amicalement, Monsieur Francoeur, celle de lazy à vos heures. 

À Culture Shawinigan, les placiers seront des bénévoles, les étudiants seront recadrés dans d'autres fonctions, la vente des spectacles se porte bien et le portefeuille des contribuables est respecté.

Nous contrôlons efficacement notre présent, le gage de notre avenir. Et si, pour tous ces bénéfices, il me faut endosser l'humiliation du sobriquet de «cheap», je le porterai humblement parce que, comme vous l'avez déjà constaté, j'ai le dos large.

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