Être «décarté»!

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Dépourvu, voilà sans doute le bon mot pour exprimer l'état dans lequel je me trouvais à la suite de la mort de ma carte de débit.

La Presse

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Le Nouvelliste

C'est lors d'un tel accident qu'on peut se sentir soudainement éberlué.

Et si j'emploie le mot accident c'est bien pour démontrer toute la gravité ressentie par une telle perte. Sachez que j'use ici d'ironie.

Dépourvu, voilà sans doute le bon mot pour exprimer l'état dans lequel je me trouvais à la suite de la mort de ma carte de débit. L'événement se produisit dans un dépanneur où je vais tous les jours.

La puce de ma carte s'était abruptement brisée après une vie de deux ans et cinq mois. J'étais bouche bée et ne savais plus quoi dire ni quoi faire avec, sous les bras, un litre de lait, un pain et une canne de fèves au lard que j'ai dû remettre sur leurs étagères faute de fonds.

Et ce, au grand dam de la jeune caissière qui me regarda d'un air compatissant et qui a dû patienter à la suite de mes cinq essais consécutifs effectués avec ma carte sur le terminal. Morte avant son temps d'une mort résolument non naturelle. Une petite fente se trouva dans la puce. Finie, point final!

Je me doute bien que certains d'entre vous, avez déjà vécu la même expérience on ne peut plus traumatisante.

Alors comme il s'agissait de ma seule carte à ma disposition pour effectuer mes retraits et achats et n'ayant aucun argent comptant à ma disposition, j'ai dû patienter cinq jours avant de recevoir par la poste une nouvelle carte de débit.

Je me suis rendu à l'évidence que j'étais devenu un citoyen du monde «décarté» le temps de le dire. Le temps de constater de visu que, sans ma carte de débit, je n'étais rien financièrement parlant.

Que l'époque des poches pleines de monnaie et d'argent en papier en était une révolue.

Tout ça pour dire qu'elle se pointe de plus en plus - et pour de bon - l'ère d'or des cartes de débit ou de crédit.

Bref, que l'argent en papier et en monnaie deviendra, dans un avenir rapproché, des pièces de collection. C'est déjà pas mal commencé me direz-vous? Oui, je sais bien et le fait de perdre, le temps de le dire, l'usage de ma carte de débit, je me suis rendu compte de ma troublante dépendance envers elle.

Eh oui que voulez-vous! Comme des millions d'autres utilisateurs de cartes de débit, je contribuerai béatement à enrichir les banquiers de notre monde.

De quoi vouloir revenir à l'époque préhistorique de l'usage de l'argent comptant.

Et ce, même si on oubliait nos 20 $ dans les poches de nos vêtements au lavage.

Yvan Giguère

Saguenay

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