Supralocaux: ne prenons pas les enfants en otage!

Le concept des frais supralocaux remonte au début... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le concept des frais supralocaux remonte au début des années 2000. À cette époque, la ministre Louise Harel avait alors mandaté la Commission municipale du Québec pour l'identification des équipements à caractère supralocal situés sur le territoire de la MRC du Centre-de-la-Mauricie.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Lettre adressée aux résidents de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

En optant pour la confrontation dans le dossier des frais supralocaux, notre maire ne fait qu'accentuer le fossé déjà profond qui sépare notre municipalité et la Ville de Shawinigan.

Lorsque la bataille se livre dans les journaux, à coup de demi-vérités, ce n'est plus l'intérêt des résidents de Notre-Dame-du-Mont-Carmel qui est défendu, c'est la fierté personnelle de notre maire.

Et n'allez surtout pas croire que je suis pro-Shawinigan dans ce dossier. Seulement, nous nous devons d'être réalistes et regarder en arrière afin de mieux comprendre le présent dossier.

Le concept des frais supralocaux remonte au début des années 2000. À cette époque, la ministre Louise Harel avait alors mandaté la Commission municipale du Québec pour l'identification des équipements à caractère supralocal situés sur le territoire de la MRC du Centre-de-la-Mauricie.

Seulement, avec les fusions municipales de 2001, cette MRC et devenue la «nouvelle» ville de Shawinigan. Et notre municipalité s'est rattachée à la MRC des Chenaux; cela a eu pour effet de mettre un terme aux travaux des commissaires mandatés dans ce dossier.

Ainsi, vous constatez que ce concept ne date pas d'hier. Alors regardons un peu les comparables. À cet effet j'ai trouvé une décision intéressante de la Commission municipale du Québec qui date de 2005. Il s'agit de la municipalité de Lac-Etchemin qui voulait faire reconnaître le caractère supralocal de son aréna. Les parallèles y sont nombreux, dix municipalités impliquées au début du processus, les maires opposés tentent de faire valoir le concept d'utilisateur-payeur, la population des municipalités impliquées boude les commerçants de Lac-Etchemin...

Je vous épargnerai le récit de la décision dans son ensemble, cependant je vous soumets quelques passages pertinents de la commissaire:

«[...] de plus la Commission constate que le dossier comporte des répercussions négatives sur les commerçants de la Municipalité demanderesse et sur les familles de joueurs de hockey qui utilisent l'aréna. Deux clientèles qui selon la soussignée, n'ont pas à subir d'inconvénients suite aux discussions entreprises entre élus.»

«Dans le cas où un équipement est reconnu, on confirme que le bénéfice produit n'est pas un bénéfice individuel. L'utilisateur qui provient d'une municipalité qui ne possède pas un tel équipement est un bénéficiaire direct. Par contre, l'ensemble des contribuables de la municipalité d'où provient cet utilisateur sont également bénéficiaires, puisqu'ils n'ont pas à supporter directement un tel équipement dans leur municipalité.»

«La Commission reconnaît que l'approche de l'utilisateur-payeur peut sembler attrayante, mais cela implique une contribution financière accrue pour les familles directement impliquées et quelques fois difficile à contrôler. Cela peut empêcher un ou des jeunes moins fortunés de pouvoir participer, ce qui ne répond pas à la règle d'équité entre l'ensemble des bénéficiaires tant individuels que collectifs.»

Comme vous êtes en mesure de le constater, il existe des comparables ailleurs dans d'autres municipalités. Les décisions des commissaires vont principalement dans le même sens lorsque les parties impliquées ne réussissent pas à s'entendre, l'approche utilisateur-payeur n'est pas à privilégier.

Le 9 septembre prochain, plusieurs jeunes hockeyeurs de Mont-Carmel devront évoluer, contre leur gré, au sein d'une autre organisation. Et plusieurs ne pourront tout simplement pas pratiquer leur sport cette année. Vous savez pertinemment qu'avec le gel des tarifs, ces derniers ont la possibilité d'évoluer à Shawinigan, et ce, sans aucune incidence sur le compte de taxe de vos résidents. Alors pourquoi ne pas leur permettre?

Lors d'une récente cérémonie pour le club de lecture de l'école, vous vous êtes adressé à l'assistance relativement au combat que vous et les parents des élèves de l'école devront mener pour éviter des transferts vers une école de Saint-Boniface. Vous avez vous-même demandé aux parents de se mobiliser et insister sur l'importance de préserver le sentiment d'appartenance à leur école...

Monsieur le maire, si ce principe est valable pour l'éducation, il l'est tout autant pour le sport et les loisirs. Nos jeunes hockeyeurs sont fiers d'évoluer à Shawinigan-Sud et Shawinigan en compagnie de leurs pairs qu'ils fréquentent à l'école. Ils s'identifient aux Cataractes et participent à leur façon au rayonnement de votre municipalité. Malheureusement, ils sont des acteurs impuissants qui ne devraient, en aucun cas, faire les frais d'un débat politique.

Vous avez le pouvoir de rétablir la situation. Prouvez que vous avez l'intérêt de vos jeunes résidents à coeur en écoutant leur volonté. Celle d'évoluer avec l'organisation avec laquelle ils évoluent depuis plus de vingt ans.

Junior St-Onge

Notre-Dame-du-Mont-Carmel

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