Woups!

Robert Chevrier, chef de direction de Rona, et... (La Presse)

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Robert Chevrier, chef de direction de Rona, et Richard D. Maltsbarger, chef de direction de Lowe's, lors de l'annonce de la transaction.

La Presse

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Le Nouvelliste

En réaction aux lettres de Jacques A. Dion («La vente de Rona et la petite politique») et de Stéphane Forget («Le salaire minimum à 15 $: un raccourci simpliste»), publiées dans notre édition du 1er septembre dernier.

Oui, woups! Y a des phrases qui peuvent s'échapper une fois écrites. Et, qui peuvent écharper des lecteurs. Au sujet de la vente de Rona.

Un exemple: «Pour le Parti québécois, tout ce qui est investissement américain est prédateur et tout ce qui est privé donne des boutons». Holà! C'est bien mal connaître tout ce qui grouille et grenouille dans ce parti. À l'analyse - faites-la, même si elle exige patience et longueur de temps -, la phrase est irréaliste et invalide.

Un autre: «Les participants péquistes sont sortis de la commission [parlementaire, pour comprendre le processus de vente des actions de Rona, des gestes de MM. Daoust et Ouellet] complètement outrés parce qu'ils n'avaient pas eu les réponses qu'ils voulaient [...] tout ce qu'ils voulaient [...] c'était de prendre le gouvernement Couillard en défaut... encore un exemple frappant de leur incompétence et de leur inutilité».

Bon! En politique, il est rarissime qu'une réponse nette vienne éclairer une question précise. Et, il devrait y avoir des lois pour interdire et punir le mensonge public en politique.

S'il est vrai qu'on puisse utiliser «on est rendu en 2016» pour justifier des nouvelles façons et manières de faire, c'est aussi valable en politique. Ce n'est pas vrai que «ç'a toujours été de même», «depuis que le monde est monde», «là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie» justifient l'absence de réponses claires.

En suivant la Commission, il était patent que de prendre la parole suite à une question équivalait à brûler du temps de réponse en tronquant la réalité. Dans une démocratie fonctionnelle, il doit y avoir une ou des oppositions. C'est un impératif et nécessaire.

Surtout dans ce Québec où la majorité des électeurs (plus ou moins 60 %) est dans les partis de l'opposition. Si au surplus, on ajoute les 1,7 million de votants qui n'ont pas exercé leur droit, la majorité qui n'a pas voté Couillard ou PLQ grimpe à 7 sur 10. Dit en passant, le PLQ a amassé à peu près le même nombre de votes (1 757 071) que le chiffre des non-votants.

Le système parlementaire actuel permet à un parti minoritaire dans le choix de l'électorat de gouverner comme un roi, sans partage. Et, on se retrouve sans pouvoir faire équilibre, sans pouvoir de contrebalance pour les partis de l'opposition.

Cela étant, il est outrageant de ne pas recevoir de réponses évidentes. Surtout lorsqu'on est en droit de s'y attendre. De vouloir prendre le gouvernement en défaut est dans le rôle et la fonction des oppositions... lorsque le gouvernement est en défaut.

Ce gouvernement - et Investissement Québec - étaient suffisamment en défaut dans ce dossier Rona qu'un ministre a démissionné et que des responsables politiques ont été soit démis ou transférés. Puis, on ne sait toujours pas ce que le premier ministre savait ou pas («La transaction est chose du passé»). Hum! Dans un contexte comme celui-là, vouloir des réponses est élémentaire.

Bref, côté petite politique y a des corsets qui étouffent plus que d'autres.

Surtout qu'Investissement Québec a perdu 29 milliards $ en 2015-2016 mais a versé des bonis à hauteur de 3,2 millions $. Dont 66 275 $ (c'est le salaire d'un prof de cégep) pour chacun des dix vice-présidents.

Ah oui, en terminant, «En somme, c'est à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs qui se trouvent au bas de l'échelle que l'on doit travailler, pas à l'augmentation du salaire minimum». OK! Comme esprit torturé, difficile de faire mieux.

Jean-Claude Soulard

Trois-Rivières

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