Avant les CHSLD, il y avait pépère et mémère...

Je vais vous parler d'une époque où il... (La Voix de l'Est)

Agrandir

Je vais vous parler d'une époque où il était normal et naturel de respecter la vie. À cette époque, on ne les appelait pas des personnes âgées. On les appelait avec respect: pépère et mémère. Cela voulait aussi dire, qu'elles étaient près du terme de leur vie.

La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Pourquoi tant de difficulté à prendre soin des personnes âgées dans les CHSLD et autres institutions?

Pourtant le vieillissement, la maladie causée par l'usure de la vie et la mort, c'est naturel.

Pourquoi toute cette grosse bureaucratie dans les CHSLD? A-t-elle de la difficulté à voir où elle met ces pieds, quand elle marche?

Je vais vous parler d'une époque où il était normal et naturel de respecter la vie. À cette époque, on ne les appelait pas des personnes âgées. On les appelait avec respect: pépère et mémère. Cela voulait aussi dire, qu'elles étaient près du terme de leur vie.

On savait à l'époque qu'un bébé, un enfant, étaient un soleil levant et que pépère et mémère étaient un soleil couchant.

On savait que la maladie et le vieillissement avançaient. Tu étais de plus en plus fatigué et vulnérable, tu te couchais, on faisait notre possible pour que tu aies l'esprit en paix.

On ne s'acharnait pas sur toi. On ne te bourrait pas d'«Ensure» ou de toutes sortes de protéines et de médicaments. On cherchait à te traiter avec humanité et dignité. En général, c'était dans la famille qu'on s'occupait des aînés, c'était fait par du monde qui avait peu d'instruction ou qui ne savait même pas lire. On n'avait pas toute cette bureaucratie. Et pourtant!

On ne parlait pas de qualité de la vie ou d'euthanasie. On ne parlait pas de t'accrocher à la vie ou de mettre fin à ta vie. On laissait la vie suivre son cours naturel.

Quand pépère ou mémère étaient devenus très malades, on ne te nourrissait pas à la table avec toute la marmaille qui s'agite: une cuillère au pépère, une cuillère au bébé.

Cela n'aurait pas été pensable! On attendait que tous aient mangé, on couchait les plus jeunes, on envoyait le reste de la marmaille jouer dehors. En général, c'était la mère de famille (la fille ou la bru) qui montait à la chambre de pépère ou mémère, avec un petit bouillon de soupe, un croûton de pain et un biscuit à la mélasse avec une tasse de thé.

On te nourrissait doucement dans le silence avec comme bruit de fond la pendule qui marque le temps qui passe.

On savait que tu mangeais de moins en moins, tu ne mourais pas de faim, tu n'avais plus faim.

Quand tu mourais, on arrêtait la pendule.

On savait qu'il y avait une fin sur terre.

Yves Donaldson

Préposé aux bénéficiaires

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer