Harper sans les médias et la vie sans le savoir

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Stephen Harper, alors qu'il était premier ministre du Canada, avait une relation particulière avec les médias d'information.

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Le Nouvelliste

Parlons de la presse (comme dans «conférence de presse»); c'est-à-dire, des médias d'information; c'est-à-dire, de ces organisations au sein desquelles travaillent des journalistes.

Journalistes qui ne font pas seulement que rapporter de manière servile ce qui se présente mais qui posent des questions, fouillent, contre-vérifient et, en fait, s'assurent de rapporter la vérité.

Eh bien, ces organisations-là, Stephen Harper, qui vient de tirer définitivement sa révérence avec une petite vidéo, n'en a cure.

Dans Le Nouvelliste de la fin de semaine dernière, le chroniqueur Jean-Marc Beaudoin ainsi que l'éditorialiste Martin Francoeur l'ont, sans illusion, fort bien résumé.

Je crois que c'est en 2007, un an après que Stephen Harper soit devenu premier ministre du Canada, que j'avais lu cette confidence faite par l'un de ses proches stratèges voulant que celui-ci ne fasse de la politique que pour ce segment de la population qui ne s'y intéresse que 15 minutes par semaine, tout au plus.

Alors, de prendre les médias au sérieux, ça n'a jamais été sérieux pour cet homme qui, par le fait même, nous rappelle qu'il y a, hélas, bien du monde pour qui lire les journaux (papier ou web) ainsi que de voir et d'écouter les bulletins de nouvelles assidûment ne constituent jamais une priorité.

Qui plus est, dans le journal La Presse du samedi 27 août, Marc Thibodeau rédigeait un inquiétant dossier au sujet de «la fin des faits» dans notre monde moderne; c'est-à-dire de la disparition, chez une bonne part de la population, de l'exigence d'être informés adéquatement et par conséquence de l'absence plus ou moins prononcée de sens critique.

Pire encore, une bonne part de la population aurait définitivement développé, par exemple, cette propension à «prendre pour du cash» (c'est mon expression) tout ce qui se trouverait sur Internet, sans plus de vérification.

Cela rejoint un autre phénomène décelé, celui-là, par un professeur de l'université Emory en Grande-Bretagne: soit cette étrange mais non pas moins testée, sensation de se sentir récompensés de ne pas s'informer.

En effet, monsieur Drew Westen, ai-je lu un jour, est parvenu, à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique, à établir qu'une réaction comparable à celle que ressent le toxicomane lorsqu'il consomme ce produit quand l'individu rejette une information.

C'est à n'y rien comprendre car il est si sain de consacrer régulièrement de son temps et de son esprit à se renseigner afin, autant que possible, de comprendre les enjeux qui se posent à nous et d'éviter vraisemblablement d'être bernés. C'est même là, à peu de choses près, le devoir de la citoyenne et du citoyen.

Alors, assistons-nous, de nos jours, à l'avènement de la dépréciation du savoir, de l'information et de la connaissance? J'en ai peur parfois, malheureusement.

Et c'est ainsi, entre autres, que disparaissent ou rétrécissent les médias d'information, chiens de garde, pourtant, de la démocratie.

Réjean Martin

Trois-Rivières

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