Projet de loi 106: les maires irréfléchis

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Le coordonnateur du Comité vigilance Hydrocarbures de Trois-Rivières, Marc Brullemans.

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Le Nouvelliste

Dans un article signé par Paule Vermot-Desroches (Le Nouvelliste, 21 août 2106), le scientifique Marc Brullemans, porte-parole du Comité Vigilance Hydrocarbures, dénonce avec raison «l'absence de prise de position de la Ville» de Trois-Rivières sur le Projet de loi 106 concernant la politique énergétique du gouvernement et l'exploitation des hydrocarbures.

La Ville considère n'avoir rien à dire en dépit de tous les dossiers municipaux touchés par cette loi sur lesquels les intérêts des «pétroleux-gazeux» auraient priorité: aménagement du territoire, protection de l'eau, tourisme, dévaluation des propriétés, droit d'expropriation... Partout où la fracturation est pratiquée, des problèmes surgissent (contamination des aquifères, séismes en zones habituellement non sujettes aux séismes, etc.); des déversements de pipelines, des marées noires surviennent un peu partout. Mais qu'importe, pourquoi le conseil trifluvien devrait-il prendre position sur cette loi? Les pétrolières, avec la complicité des «gouvernementeux», en font baver aux citoyens de Gaspé et Restigouche à propos de la protection de leur eau potable, pourquoi s'en soucier? Et en quoi nous concerne le règlement-bidon sur le prélèvement et la protection de l'eau (RPEP) conçu pour favoriser les intérêts pétroliers?

Ceci rappelle les propos du maire (Le Nouvelliste, 26 janvier 2016) par lesquels il accuse les opposants à Énergie Est d'être des citoyens «irréfléchis». Un collectif d'environ 170 scientifiques, des organisations comme Les Artistes pour la paix, déjà une centaine de municipalités s'y opposent, ainsi que des milliers de citoyens (manifestations et pétitions). Crétins «irréfléchis»! Énergie Est ferait augmenter drastiquement l'exploitation des sables bitumineux, l'une des principales causes de GES au monde; un collectif de 110 scientifiques nord-américains et des prix Nobel en tous genres s'y opposent. Idiots «irréfléchis»!

N'est-il pas universellement reconnu que le seul être réfléchissant en ce monde s'appelle Yves Lévesque! Le hic, c'est que le miroir de son intellect est si terne que tout ce qu'il parvient à réfléchir c'est son égo démesuré!

Ils nous ont bien fait rigoler lui et le maire Deshaies de Louiseville après leur rencontre avec l'Office National de l'Énergie (ONE). Que Deshaies déclare que c'est rassurant de savoir qu'un organisme «indépendant» comme l'ONE est dans le dossier n'a rien de très surprenant, sa capacité d'analyse des faits ne dépassant pas la comparaison des spéciaux des circulaires. Le cas Lévesque est différent, le gars est aussi rusé que borné. Il sait très bien que l'ONE n'est qu'une extension des pétrolières albertaines, que la majorité de ses administrateurs proviennent de l'industrie et entretiennent des liens étroits avec celle-ci, que l'ONE n'a jamais rien refusé aux pétrolières, que sa position pro-Énergie Est est connue depuis longtemps, que les instances pouvant intervenir à sa commission-bidon sont presque toutes pro-pipeline, que cette pseudo-consultation a lieu même si le promoteur TransCanada ne remplit pas toutes les conditions requises, dont la traduction française des documents et la production de données concernant la traversée de l'Outaouais.

Le fait que le promoteur TransCanada a l'un des pires bilans en matière de sécurité et de déversements rassure notre maire, après tout, les catastrophes ça n'arrive qu'ailleurs, comme en Saskatchewan ou au Michigan, surtout pas sur la Saint-Maurice en amont de notre prise d'eau potable. Imaginez un déversement à cet endroit: croit-il que les touristes s'agglutineraient dans son amphithéâtre pour regarder passer la nappe pétroleuse et en sniffer l'odeur!

Et bien sûr, ceux qui s'en inquiètent sont des citoyens irréfléchis! Par son déni des faits et son mépris des citoyens, Lévesque démontre encore une fois son ignorance et son aveuglement volontaire, simplement pour ramasser des miettes d'hypothétiques emplois et redevances.

M. Brullemans a raison de dire «...que les prix gagnés pour l'environnement, ce n'est que de la poudre aux yeux. Lorsqu'il est question de se positionner là où ça compte vraiment, pour le futur, on est probablement la Ville la moins verte au Québec».

Robert Duchesne

Trois-Rivières

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